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  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

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Pénélope
.

Lundi 3 novembre 2008

TITRE : QUANTUM OF SOLACE
REALISATEUR : Marc Foster
ACTEURS : Daniel Craig, Olga Kurylenko...
DUREE : 1h47'


     Toujours marqué par la mort de sa précédente conquête, James Bond tente de mettre à mal une mystérieuse organisation. Sa quête le ménera sur les pas d'un homme d'affaire crapuleux, et de deux James Bond Girls au joli minois...

     Raconté comme ça, on pourrait croire que c'est un nouveau James Bond, c'est à dire toujours le même, pour la 22ème fois. Et non. Malgré le "OO7 " du mystérieux titre et le nom du personnage principal, Quantum of Solace n'a rien à voir avec un James Bond.
     D'abord par sa durée. Il m'a semblé extrêment court, alors que dans mon souvenir les James Bond sont toujours interminables. Ici, malgré les fréquents changements de décors, l'action semble filer à toute vitesse, dans tous les sens, sur plusieurs pistes, et s'achever avant même que tout ait vraiment commencé.
     D'ailleurs, fait étrange (sauf erreur de ma part) le fameux générique au diaphragme n'apparaît pas après l'amorce, mais à l'extrème fin du film. Comme le thème musical mythique, dont on a pendant tout le temps des bribes et des embryons, et qui n'est cité tel qu'en lui même - et fort brièvement - qu'à la fin du film.
     L'impression d'un film trop court vient peut-être aussi du fait qu'il y est fait tout le temps référence au film précédent et à la James Bond Girl précédente. Du coup l'ombre de celle-ci plane sur tout le film, et rend ses deux successrices particulièrement inconsistantes. On a l'impression de voir une seconde partie de programme, bref, un demi-film.
     D'ailleurs, pour sympathiques qu'elles soient, les James Bond Girls de cet épisode sont bien sages et bien sérieuses. Aucune scène sensuelle, aucune scène sexuelle, James a vieilli et n'a en tête que sa morte, et passe son temps à se demander si c'était vraiment une méchante ou une gentille. Sa libido en berne est annoncée dès le générique d'ailleurs dont l'érotisme légendaire est devenu ici bien gentillet.
     On aura le droit à un bisou (même pas visible) et à une visite de suite dans un hôtel, où la première préoccupation de l'agent 007 est de chercher un bureau pour faire son courrier. Si Bond est à l'âge des Mémoires d'Outre-Tombe, on est mal parti...
     Parmi les caractéristiques des épisodes les plus connus de la série, on avait un humour (souvent très nul) et des gadgets (souvent ridicules). Les temps ayant sans doute changé, les spectateurs étant devenus très sérieux et très sages, on n'aime plus l'humour nul et les gadgets ridicules et le film est plombé d'une pesanteur sinistre et d'une absence totale d'inventivité. On se bagarre comme dans une cour de récréation, avec les poings et avec des pistolets en plastique. Les répliques sont glaciales, Bond est devenu un sage en pleine introspection.
     L'histoire, elle, s'éparpille un peu dans tous les sens, sans qu'aucune piste n'amène vraiment quelque part. La piste de l'organisation secrète s'évapore vite après une scène mi-géniale mi-grotesque à Wien pendans le Te Deum du premier acte de Tosca (qui enchaîne bizarrement avec la mort de Scarpia, à la fin du deuxième acte). La piste des coups d'Etats "aidés" par la CIA est tellement bâclée et confuse qu'elle ne fait qu'exploiter un gros cliché. La piste de l'eau, ressource stratégique du XXIème siècle risquant de détronner le prétrole, la seule piste vraiment intéressante, est elle aussi scandaleusement traitée à la va-vite.
     Quant à la pesante affaire de la morte, les cas de conscience de James, présenté au début comme un tueur sans scrupule et devenant presque à la fin un ange miséricordieux, elle semble à la fois prétentieuse et déplacée. Elle se résoud à l'extrème fin par une scène qui (ou alors j'ai raté quelque chose) arrive comme des cheveux sur la soupe et nous explique avec un symbolisme incroyablement subtil que James a finalement échappé à ses vieux démons concernant cette envahissante Vesper.      Bref, un film sans humour, sans gadget, sans baiser, sans scène de lit, sans super-méchant qui meurt broyé, écrasé, électrocuté, dynamité ou désintégré à la fin, c'est peut-être (et c'est sûrement le cas) beaucoup mieux qu'un James Bond, mais ça n'est pas un James Bond. C'est la mise à mort (enfin !) de tous les défauts qui faisaient de cette "franchise" la caricature d'elle-même dans sont côté artificiel, superficiel et immature.

Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Tops - Communauté : Ciné DVD
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Jeudi 30 octobre 2008
TITRE : W.
REALISATEUR : Oliver Stone
ACTEURS :  Josh Brolin, James Cromwell...
DUREE : 2h00'



     Fils d'un futur président des Etats-Unis, Georges W. Bush dilapide sa jeunesse, incapable d'aboutir dans aucune de ses entreprises. Il finira pourtant président des Etats-Unis à son tour...

     En fait le scénario de W. pourrait se résumer à une réplique de Jean-Pierre Bacri dans Parlez-moi de la pluie d'Agnès Jaoui : "Je vous ai dit que mon père me prenait pour un con ?... Eh ben voilà : mon père me prenait pour un con."
     Mais la différence entre Jean-Pierre Bacri et Josh Brolin, c'est que l'un joue un minable réalisateur de documentaires (et de films familiaux) tandis que l'autre joue le président des Etats-Unis d'Amériques.
     Que George Bush (le vrai) aie toujours pris son fils pour un con, on le comprend volontiers sans avoir le film d'Oliver Stone, dans la mesure où le caractère de l'un semble aux antipodes de l'autre.
     Elégant gentleman fier de l'héritage familial, longtemps dans l'ombre (ou plutôt dans les coulisses), arrivant dignement sur le devant de la scène, sans médiatisation abusive, sans compromission avec le "grand nombre" mais fort d'un réseau d'influence effroyable dans le monde de l'argent : voilà le Père.
     Charmeur aux allures de Cow Boy (c'est-à-dire de garçon de vache), mal instruit et mal élevé, gâté et bêtement ambitieux, mais prenant les choses à coeur, sans machiavélisme, sans calcul, plus manipulable que manipulateur : voilà le Fils.
     Ce contraste, le film le met bien en scène, et en particulier la splendide solitude du Père, face à la communauté d'influence qui gravite perpétuellement autour du fils, dont les rares moments de solitudes sont hantés par de vieux rêves sportifs d'enfance : être acclamé par un stade de Base-ball, regarder le Base-ball à la télé, courir...
     Dans ce contexte, ce qui pourrait y avoir d'inauthentique et de mélodramatique dans la sortie de l'alcoolisme, la conversion à un christianisme de pacotille, la lutte du bien contre le mal, la reprise d'une guerre qui avait coûté à son père sa réelection, semblent au contraire d'une simplicité, d'une évidence, et d'une authenticité encore plus effroyable.
     On a l'habitude d'imaginer les hommes politiques calculateurs, machinateurs, tout puissants. Carréristes subtils et imposants. le film d'Oliver Stone remet les pendules à l'heure. Un homme politique (et George W. Bush n'est sûrement pas le seul) c'est essentiellement quelqu'un qui a raté sa vie, qui s'imagine avoir du pouvoir alors que son pouvoir est un entrelacs d'influences et de compromissions, qui connait mal les gens et en particulier ceux qui lui sont proches, qui rapidement ne se retrouve pas lui-même, et qui - quand par malheure il a une once de bonne volonté - passe pour un niais, et se fait ridiculiser par tous ceux qui - impitoyables - le jalousent.
Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Tops - Communauté : Cinéma
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Lundi 27 octobre 2008
TITRE : COLUCHE, L'HISTOIRE D'UN MEC
REALISATEUR : Antoine de Caunes
ACTEURS : François-Xavier Demaison, Léa Drucker...
DUREE : 1h43'



     En 1980, à l'approche des élections présidentielles, Coluche décide de se lancer dans la campagne et d'être candidat. Il s'attire la sympathie de nombreux français lassés par la politique, mais comprend vite qu'il a mis le pied dans un engrenage dangereux...

     Coluche est - pour le peu qu'on en voit aujourd'hui - un personnage ambigu, à diverses facettes. Le comique d'abord, dont l'humour faisait sans doute beaucoup rire à son époque, mais qui aujourd'hui semble quand même assez douteux - rire jaune bien souvent, qui ne mène sûrement pas à grand chose.
     Le personnage "humaniste" semble plus sympathique, mais laisse aussi entendre qu'il est arrivé un moment où il n'a plus tant cru que ça dans la force et l'efficacité de son personnage humoristique cynique et nihiliste, et qu'il a fallu basculer dans les bonnes oeuvres de patronage pour se donner l'impression d'agir.
     Et puis l'homme dans la vie de tous les jours, que ceux qui l'ont connus ont peut-être (en partie) approché, avec, vraisemblablement comme tout le monde, ses bassesses, ses lâchetés, ses incohérences, mais son humanité aussi, son recul par rapport au "personnage", sa lassitude aussi à l'égard de ces rôles qu'il faut sans cesse jouer lorsqu'on est devenu une personne "publique".
     Le film d'Antoine de Caunes essaye d'équilibrer astucieusement ces trois facettes, au risque d'écorner un peu l'image gentillette ou bébête du Coluche marrant et sympa. En se concentrant sur le moment le plus audacieux et aussi le plus contestable de sa biographie, il essaye de toucher à la fois l'homme, le comique, et le personnage qui tente de faire autre chose de son succès que de faire rire.
     On ne fait pas de la bonne politique avec des bons sentiments, et c'est ce qui apparaît dans le film, aussi bien chez les politiques professionnels - calculateurs et manipulateurs - que chez Coluche, qui se présente avant tout pour s'amuser, pour se faire de la pub, pour emmerder tout le monde, avant de se prendre à son propre jeu et de devenir le pire des politicien, c'est à dire ambitieux, mais sans programme à défendre.
     Du coup l'homme - Michel - lorsqu'il ne sa cache pas sous son pseudonyme, devient mystérieusement sympathique malgré ses excès, son indifférence essentielle au monde qui l'entoure, son nombrilisme de mauvais goût et son esprit de potache à succès.
     Si donc malgré cela il arrive à devenir sympathique, c'est parce qu'il apparaît comme écrasé par les uns et les autres, cette vermine qui l'entoure, ces gens qui vivent à ses dépends, qui l'envahissent, qui le harcèlent pour que l'homme corresponde à l'image qu'ils veulent s'en faire : amis proches et chacals de tout genre.
     Mais le public n'est pas en reste, qui lui aussi fabrique et impose "son" Coluche à Michel, "Coluche" sans lequel Michel n'existerait plus, et qu'il est donc tenu d'herberger non seulement chez lui mais en lui. C'est tout cette "attente" des autres à son égard, cette présence étouffante et toute puissance de l'espace public qui apparaît sitôt que Coluche entrouvre la porte de la politique.
     C'est pourquoi, alors qu'il aspirait justement, par cette candidature, à se rapprocher des gens, à être plus lui-même, à agir plus intimement que dans l'isolement de la scène, c'est tout le contraire qui arrive, il se trouve dépossédé, soumis, écrasé, tout en prenant conscience de son incompétence et de sa réelle impuissance à faire quoi que ce soit.
     La mention à la fin du film de l'action carritative des "Restos du coeur" qui - elle - fut un succès qui lui a survécu apporte un utile soulagement à cette longue et pathétique histoire d'échec personnel.
Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Tops - Communauté : Cinéma
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Dimanche 26 octobre 2008
TITRE : LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE
REALISATEUR : Pascal Thomas
ACTEURS : Catherine Frot, André Dussollier...
DUREE : 1h49'



     Parce que sa tante spécialiste des papillons a cru voir un crime dans un train, Prudence Beresford se met en tête de mener l'enquête et se fait engager comme domestique dans une étrange propriété dirigée par un vieillard avare que tous ses enfants souhaitent voir mourir...

     Samedi j'avais rendez-vous avec quelqu'un place du Châtelet à 15h00. A 14h55 j'ai reçu un pauvre texto me disant "dsl pr le rdv j sui retenu on remé sa ?" Evidemment ça m'a mise de mauvaise humeur et pour me changer les idées j'ai voulu aller voir un film "divertissant"...
     Le problème c'est que Le crime est notre Affaire semble faire le catalogue de tout ce qui m'énerve dans les romans policier, parmi lesquels figurent ceux d'Agatha Christie, une fois retirés quelques chefs d'oeuvres qu'on compte sur les doigts d'une main : Dix petits Nègres, le Crime de l'Orient-Express, la Nuit qui ne finit pas...
     Car un mauvais roman policier, c'est le règne du temps perdu. Temps perdu à suivre des personnages ici caricaturaux et fatiguants, superficiels, bavards, oisifs, bêtement fantasques, et plongés dans des situations totalement invraisemblables.
     Temps perdu à suivre une intrigue dont le seul but du déroulement est d'accumuler les fausses pistes pour tenir - soi-disant - le spectateur en haleine, mais d'une manière tellement artificielle et arbitraire qu'elle en devient immédiatement pénible, ennuyeuse et insignifiante.
     D'autant plus insignifiante que le dénouement est baclé en quelques secondes après une pirouette totalement absurde, dénouement niais, rendant retrospectivement tout le film bancal, contradictoire ert inutile. Surtout qu'elle revient toujours au même : que ce soit dans Mort sur le Nil ou dans la Nuit qui ne finit pas, et dans d'autres encore, le coup de la "maison" convoitée au prix d'un faux mariage sens trop le "déjà-vu". Quant au médecin empoisonneur, on ne peut pas dire que l'idée soit d'une originalité délirante.
     Donc que reste-t-il ? Rien qu'une galerie de personnages répartie en deux groupe. Trois ou quatre acteurs qui se prennent pour de grands acteurs et qui ne font que jouer leur propre caricature au point d'en donner la nausée. On croit d'ailleurs que Catherine Frot est imbattable à ce jeu, jusqu'à ce qu'apparaisse Claude Rich - imbuvablement lui-même et mauvais - qui la bat à plate couture.
     L'autre groupe est constitué d'acteurs minables qui disent leur rôle avec une voix de vieux théâtre, au milieux desquels se distinguent deux pseudo-adolescentes en bas de laine rayés qui sautillent tout le temps pour faire jeunes, et récitent leur texte comme une poésie de primaire aprise le matin dans le métro.
     A cela s'ajoute une mise en scène plan-plan, ponctuée d'effets qui se veulent rigolos, de blagues affligeantes, au sommet desquels trône le gag du kilt d'André Dussollier, qui à lui seul donne envie de quitter la salle en courant.
     Mais le pire c'est que la salle était (presque) pleine de personnes plus ou moins vieilles qui ont passé leur temps à rigoler. J'en déduis donc que ça leur a plu. Et j'en suis ravie pour eux.
Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Flops - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Vendredi 24 octobre 2008

TITRE : VICKY CRISTINA BARCELONA
REALISATEUR : WOODY ALLEN
ACTEURS : SCARLETT JOHANSON, JAVIER BARDEM...
DUREE : 1h37'


 
    Vicky et Cristina arrivent à Barcelone. L'une est fiancée à un jeune cadre ambitieux, l'autre a une vie sentimentale plus improbable, mais toutes deux tomberont - chacune à sa manière - sous le charme d'un peintre espagnol, lui-même fou d'un amour houleux pour son ancienne femme...


     Depuis que Woody Allen ne cherche plus à faire rire, il fait des films-à-l'eau de rose avec des sentiments légèrement perturbés, de beaux acteurs et de belles actrices. C'est léger, c'est plaisant, ça a un côté un peu décalé mais sans jamais trop faire de vague en apparence, et parfois - ça a été le cas ici pour moi - c'est totalement jouissif.
     Tout d'abord le couple des copines est très réussi, en particulier par la lourde tâche de Rebecca Hall qui doit à elle seule contrer le charme désarmant de la belle Scarlett, avec contre elle le rôle d'une fille pragmatique, raisonnable, scrupuleuse, donc potentiellement très ennuyeuse.
     Ce contre-poids, elle le réussit à merveille, au point que d'une certaine manière c'est elle qui porte toute la crédibilité du film sur les épaules. Ses interprétations psyco-psychanalitiques du monde qui l'entoure et d'elle-même lui servent à la fois de mécanismes de défense, mais aussi lui donne une étrange lucidité - fragile et attachante - qui donnent au film une touche de sincérité qu'il n'aurait pas eu - sans doute - sans elle.
     Cristina pour sa part, sa beauté redoutable admise, reste finalement assez en retrait. Personnage qui semble tourmenté mais qui en réalité a les pieds sur terre, elle se fie à ses sentiments les plus improbable avec une incroyable confiance en elle-même. Ce qui explique que sur l'écran comme dans la salle, hommes et femmes tombent tous amoureux d'elle. Sa fraîcheur en fait une innocente ravie, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'on se sert d'elle, moment qu'elle choisit pour fuir, comme une gazelle farouche.
     A côté, ou plutôt entre ces deux amies à l'agréable contraste, on a un séducteur flegmatique, miné par un amour intérieur qui justifie l'étrange équilibre entre provocation désinvolte et honnêteté morale. Un artiste hédoniste parce qu'il a eu - et qu'il a encore - sa dose de souffrance, et que considérer que les plaisirs de la vie sont faits pour être vécus et pour lui la seule dérobade possible face au constat incontestable : l'amour fou mène à la mort.
     Cet amour fou, violent, hystérique, superbe, écrasant, il surgit avec l'extraordinaire Penelope Cruz, magistrale et qui - au passage - s'appelle Pénélope - je dis juste ça en passant. Magistrale elle l'est à chaque seconde qu'on la voit à l'écran, autant que lorsqu'on parle seulement d'elle, dans ses errements linguistiques entre l'anglais et l'espagnol, se crises de furies qui ne sont que des actes désespérés d'amour et d'angoisse devant l'éloignement des êtres, la fragilité des choses, le bouillonnement de la vie que l'art parvient si mal à exprimer.
     Entre ces quatre personnage, la mécanique semble tellement bien rodée qu'on aimeraient qu'ils restent ensemble des années entières. Et pourtant - et ce n'est pas le moindre charme du film - tout cela ne sera qu'une odyssée minuscule, qu'une petite aventure de vacances, qu'un détours et bientôt qu'un souvenir. Au même titre qu'un pays qu'on traverse, qu'on regarde, qu'on aime, mais dans lequel on ne s'installe pas, et que l'on quitte pour toujours.
     Comme écrin à cette petite histoire, une caméra qui est - de tous - la plus amoureuse. Amoureuse des actrices et des acteurs qu'elle filme (tous magnifiquement mis en valeur), amoureuse de la ville dans laquelle elle a élu domicile - Barcelone - et qu'elle visite comme un touriste émerveillé, amoureux aussi de son public, car finalement, on sent sans cesse un oeil qui nous regarde et qui se demande si le bonheur teinté de nostalgie et de fragilité qui se construit et se détruit sans cesse sous nos yeux nous charme autant que celui qui nous le donne à voir.
     On aimerait pouvoir répondre "oui" et "encore", mais le film est déjà fini et la salle se vide...
Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Tops - Communauté : Les films : outil de culture
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