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TITRE : QUANTUM OF SOLACE
REALISATEUR : Marc Foster
ACTEURS : Daniel Craig, Olga Kurylenko...
DUREE : 1h47'
Toujours marqué par la mort de sa précédente conquête, James Bond tente
de mettre à mal une mystérieuse organisation. Sa quête le ménera sur les pas d'un homme d'affaire crapuleux, et de deux James Bond Girls au joli minois...
Raconté comme ça, on pourrait croire que c'est un nouveau James Bond, c'est à dire toujours le même, pour la 22ème fois. Et non. Malgré le "OO7 " du mystérieux titre et
le nom du personnage principal, Quantum of Solace n'a rien à voir avec un James Bond.
D'abord par sa durée. Il m'a semblé extrêment court, alors que dans mon souvenir les James Bond sont toujours interminables. Ici, malgré les fréquents
changements de décors, l'action semble filer à toute vitesse, dans tous les sens, sur plusieurs pistes, et s'achever avant même que tout ait vraiment commencé.
D'ailleurs, fait étrange (sauf erreur de ma part) le fameux générique au diaphragme n'apparaît pas après l'amorce, mais à l'extrème fin du film. Comme le thème
musical mythique, dont on a pendant tout le temps des bribes et des embryons, et qui n'est cité tel qu'en lui même - et fort brièvement - qu'à la fin du film.
L'impression d'un film trop court vient peut-être aussi du fait qu'il y est fait tout le temps référence au film précédent et à la James Bond Girl précédente. Du
coup l'ombre de celle-ci plane sur tout le film, et rend ses deux successrices particulièrement inconsistantes. On a l'impression de voir une seconde partie de programme, bref, un demi-film.
D'ailleurs, pour sympathiques qu'elles soient, les James Bond Girls de cet épisode sont bien sages et bien sérieuses. Aucune scène sensuelle, aucune scène sexuelle, James
a vieilli et n'a en tête que sa morte, et passe son temps à se demander si c'était vraiment une méchante ou une gentille. Sa libido en berne est annoncée dès le générique d'ailleurs dont
l'érotisme légendaire est devenu ici bien gentillet.
On aura le droit à un bisou (même pas visible) et à une visite de suite dans un hôtel, où la première préoccupation de l'agent 007 est de chercher un bureau pour faire
son courrier. Si Bond est à l'âge des Mémoires d'Outre-Tombe, on est mal parti...
Parmi les caractéristiques des épisodes les plus connus de la série, on avait un humour (souvent très nul) et des gadgets (souvent ridicules). Les temps ayant sans doute
changé, les spectateurs étant devenus très sérieux et très sages, on n'aime plus l'humour nul et les gadgets ridicules et le film est plombé d'une pesanteur sinistre et d'une absence totale
d'inventivité. On se bagarre comme dans une cour de récréation, avec les poings et avec des pistolets en plastique. Les répliques sont glaciales, Bond est devenu un sage en pleine
introspection.
L'histoire, elle, s'éparpille un peu dans tous les sens, sans qu'aucune piste n'amène vraiment quelque part. La piste de l'organisation secrète s'évapore vite après
une scène mi-géniale mi-grotesque à Wien pendans le Te Deum du premier acte de Tosca (qui enchaîne bizarrement avec la mort de Scarpia, à la fin du deuxième acte). La piste
des coups d'Etats "aidés" par la CIA est tellement bâclée et confuse qu'elle ne fait qu'exploiter un gros cliché. La piste de l'eau, ressource stratégique du XXIème siècle risquant de détronner
le prétrole, la seule piste vraiment intéressante, est elle aussi scandaleusement traitée à la va-vite.
Quant à la pesante affaire de la morte, les cas de conscience de James, présenté au début comme un tueur sans scrupule et devenant presque à la fin un ange
miséricordieux, elle semble à la fois prétentieuse et déplacée. Elle se résoud à l'extrème fin par une scène qui (ou alors j'ai raté quelque chose) arrive comme des cheveux sur la soupe et nous
explique avec un symbolisme incroyablement subtil que James a finalement échappé à ses vieux démons concernant cette envahissante Vesper.
Bref, un film sans humour, sans gadget, sans baiser, sans scène de lit, sans
super-méchant qui meurt broyé, écrasé, électrocuté, dynamité ou désintégré à la fin, c'est peut-être (et c'est sûrement le cas) beaucoup mieux qu'un James Bond, mais ça n'est pas un James Bond.
C'est la mise à mort (enfin !) de tous les défauts qui faisaient de cette "franchise" la caricature d'elle-même dans sont côté artificiel, superficiel et immature.
TITRE : W.
On a l'habitude d'imaginer les hommes politiques calculateurs, machinateurs, tout puissants. Carréristes subtils et
imposants. le film d'Oliver Stone remet les pendules à l'heure. Un homme politique (et George W. Bush n'est sûrement pas le seul) c'est essentiellement quelqu'un qui a raté sa vie, qui
s'imagine avoir du pouvoir alors que son pouvoir est un entrelacs d'influences et de compromissions, qui connait mal les gens et en particulier ceux qui lui sont proches, qui rapidement ne se
retrouve pas lui-même, et qui - quand par malheure il a une once de bonne volonté - passe pour un niais, et se fait ridiculiser par tous ceux qui - impitoyables - le
jalousent.
TITRE : COLUCHE, L'HISTOIRE D'UN MEC
La mention à la fin du film de l'action
carritative des "Restos du coeur" qui - elle - fut un succès qui lui a survécu apporte un utile soulagement à cette longue et pathétique histoire d'échec personnel.
TITRE : LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE
Mais le pire c'est que la salle était (presque) pleine de personnes
plus ou moins vieilles qui ont passé leur temps à rigoler. J'en déduis donc que ça leur a plu. Et j'en suis ravie pour eux.
TITRE : VICKY CRISTINA BARCELONA
REALISATEUR : WOODY ALLEN
ACTEURS : SCARLETT JOHANSON, JAVIER BARDEM...
DUREE : 1h37'
Vicky et Cristina arrivent à Barcelone. L'une est fiancée à un jeune cadre ambitieux, l'autre a une vie sentimentale plus improbable, mais toutes deux tomberont - chacune à sa
manière - sous le charme d'un peintre espagnol, lui-même fou d'un amour houleux pour son ancienne femme...
Comme écrin à cette petite histoire, une caméra qui est - de
tous - la plus amoureuse. Amoureuse des actrices et des acteurs qu'elle filme (tous magnifiquement mis en valeur), amoureuse de la ville dans laquelle elle a élu domicile - Barcelone - et qu'elle
visite comme un touriste émerveillé, amoureux aussi de son public, car finalement, on sent sans cesse un oeil qui nous regarde et qui se demande si le bonheur teinté de nostalgie et de fragilité
qui se construit et se détruit sans cesse sous nos yeux nous charme autant que celui qui nous le donne à voir.
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