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  • : Pénélope Lemarchand
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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /2008 21:56

TITRE : VYNIAN
REALISATEUR : Fabrice Du Welz
ACTEURS : Emmanuelle Béart, Rufus Sewell...
DUREE : 1h40'


     En regardant un document tourné par un organisme humanitaire, une femme croit reconnaître son fils, emporté par le ras-de-marée de 2005. Elle décide alors avec son mari, coûte que coûte, d'aller le retrouver...


     L'idée de départ du film n'est pas très originale, mais le cadre dans lequel elle se déroule (le souvenir du ras-de-marée de 2005) est suffisamment grave pour ne pas en faire une histoire anecdotique.
     Pourtant, rien ne rend cette histoire profonde, et rien ne la rend attachante. Tout semble prétexte à "faire des images", et le spectateur est conduit cahotiquement dans un méli-mélo sans queue ni tête, particulièrement déplaisant et irrespéctueux.
     Tout commence d'ailleurs par un générique très prétentieux (des lettres énormes qui agressent le spectateur) et une évocation quasi-abstraite du ras-de-marée, esthétisante, et finalement assez ridicule par son "cut" final.
     Ensuite, la caméra s'attache au personnage assez antipathique d'Emmanuelle Béart en prenant le moindre prétexte pour s'attarder dans des séquences onirico-psychédéliques pesantes et qui, en cherchant à "noyer" le spectateur, ne font que l'exclure.
     La pire étant la scène où l'actrice se jette à l'eau pour tenter de rejoindre le bateau qui a fuit, la caméra plongeant et sortant sans cesse, dans un tohu-bohu énervant, et totalement inutile aussi bien pour l'action (qui est simplissime) que pour la psychologie des personnages (qui est simplissime aussi).
     Mais ce n'est pas tout. Partant sur une base d'enquête, de recherche, annonçant péripéties et difficultés, le film abandonne rapidement ce genre pour bifurquer sans préavis dans le fantastique et même dans le gore. La progression étant mal amenée, ce changement de piste rend le film bancal et les scènes finales risibles.
     C'est d'autant plus dommage que le thème de "limbes", figuré par ce temple des enfants mi-morts mi-survivants aurait pu donner lieu à quelque chose de fascinant s'il n'avait été traité avec autant d'infatuation pour rien. Je pense par exemple à un mouvement démentiel de caméra à l'arrivée dans le temple qui n'est qu'une prouesse, une virtuosité, une esbrouffe, une manière de se faire plaisir qui lasse vite le spectateur.

     L'imagine finale, interminable, de la "mère retrouvée" palpée par les orphelins d'outre-tombe laisse imaginer ce que le film aurait pu être si le réalisateur avait été un peu plus ambitieux, un peu plus respectueux du drame qu'il abordait, un peu plus respectueux de son public, au lieu de se complaire dans un nombrilisme vide et exaspérant.
Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Flops - Communauté : Cinéma
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