GONE BABY GONE

Publié le par Pénélope Lemarchand

18790247-w434-h638-q80.jpgTITRE : GONE BABY GONE
REALISATEUR : Ben Affleck
ACTEURS : Amy Ryan, Casey Affleck...
DUREE : 1h55'



     Un jeune detective privé est mis sur une affaire de disparition d'enfant. Une piste le mène, avec l'aide de deux policiers, vers une affaire de butins volés entre traffiquants de drogue, et finit par un fiasco. Une parole de trop d'un des deux officiers relancera toute l'affaire.

     Un film avec des coups de feu et des rebondissements, ça reste souvent un film avec des coups de feu et des rebondissements. Ici pourtant il se passe tout autre chose. Car chaque coup de feu, et chaque rebondissement afine une réflexion tenace et prenante du héros sur l'engagement, la valeur et la responsabilité de ses actes, le rapport entre les intentions, les sentiments, la réalité des faits et leurs conséquences.
     Un film qui parle du bien et du mal, mais pas d'un bien ou d'un mal de pacotille, abstraits et désincarnés. Un bien qui se joue sur la vie et l'avenir d'un enfant, un mal qui se cache derrière les meilleures intentions. Une morale qui ose poser les vraies questions : "Le pire homme du monde, le mal qui est en lui me donne-t-il le droit de le tuer ?"
     Au milieu de ces reflexions, un homme, trop jeune, manipulé, qui essaye d'y voir clair tout en comprenant qu'il est au coeur d'une machine qui le dépasse, qu'il n'a pas tous les éléments en main, qu'il va falloir se construire lui-même au fur et à mesure qu'il va progresser, qu'il va s'enfoncer dans une affaire de moins en moins simple. Et pour tenir bon, pour rester debout, il devra entendre une voix intérieure que tout le monde essaye de couvrir, par les arguments de l'autorité, de la raison, du sentiment.
     Mais face au juste et à l'injuste, quand on les sent fondés sur des principes aussi fondamentaux que le lien de sang et d'affection entre un enfant et sa mère, il n'y a ni autorité, ni raison, ni sentiment. Voilà pourquoi Patrick accepte d'imaginer le pire, de choisir la solution la moins rationelle, de sacrifier ses sentiments.
    Car l'expérience prouve - et c'est à mon avis la leçon du film - que sur les sujets les plus graves, rien n'est pire que les arguments d'autorité, les grands et beaux raisonnements, et le jeu des sentiments. Un capitaine de police, la promesse raisonnée d'une avenir meilleur, l'affection d'une compagne n'excusent aucun mensonge lorsqu'au coeur de ce mensonge, même pour les meilleures raisons du monde, il y a le vol d'un être innocent. Car des bonnes raisons, l'homme est fort pour en trouver toujours, mais le bonheur - même s'il se vit dans un quartier délabré de Boston avec une mère instable et toxicomane -n'a rien à voir avec les bonnes raisons.

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kitano 11/04/2008 20:01

Oui je partage complètement ton point de vue, voila un film qui pour une fois ne donne pas de vérité toute faite et de de morale bien pensante. Il réussi le tour de force de nous faire réfléchir sur des questions dont on pensaient avoir un avis arrêté. Un premier film très réussi pour Ben Affleck qui se révèle bien meilleur réalisateur que comédien.

odicele 02/02/2008 20:16

salut pénélope,
Les échanges de bons procédés de samom fonctionnent !
J'ai beaucoup aimé ce film, parce qu'il nous propose un réflexion interessante sur le bien et le mal, sur l'aveuglement qu'est de croire que faire le mal pour le bien, est un bien et qu'il donne tous les droits.
Très peu de films nous donnent à réflechir et à poser de vrais dilemnes qu'on emporte avec nous après la séance.
"Gone baby gone" cache bien son jeu. Ca commence par un thriller, ça se poursuit par un policier et ça se termine par un drame psychologique. La résolution de l'enquète qui devrait nous apaiser, nous pèse et nous pose d'autres questions.