SMILEY FACE

Publié le par Pénélope Lemarchand

18873777-w434-h-q80.jpgTITRE : SMILEY FACE
REALISATEUR : Gregg Araki
ACTEURS : Anna Faris, Adam Brody...
DUREE : 1h25'


     Jane, par erreur, alors qu'elle est déjà bien enfumée, mange des patisseries au canabis que son colocataire avait faites pour une convention de films SF ringards. Elle va donc - bien sûr - se retrouver en possession d'une édition originale du Manifeste du Parti Communiste (1848) de Karl Marx, dans une usine de saucisses, et sur la grande roue de Venice Beach.

     Sur une trame simplissime, on suit avec plaisir les mésaventures de la pauvre Janne, totalement égarée dans son cerveau qui ne maîtrise plus vraiment ni l'espace, ni le temps, ni les règles élémentaires de la logique.
     Perdue dans une sorte d'hébétude à la fois ravie et angoissée, impassible et suractive, desespérée d'un rien et motivée par tout, Jane enchaîne les scènes comme les sketchs d'un one-girl-show, ce qui tombe bien pour une prétendue future actrice, au demeurant économiste manquée.
     Le scénario exploite d'ailleurs allègrement ces deux filons, sans jamais s'apesantir heureusement : le délire purement cinématographique des fantasmagories canabisiennes, et un discours social  caricatural et délirant, qui semble totalement hors de propos ici et donc parfaitement bienvenu. D'ailleurs les deux gags qui m'ont fait le plus rire sont le "paradigme" du "laisser faire / laisser passer" reaganien (en français dans le texte) et les deux versions du discours marxisant qu'elle livre avec fougue et talent (au moins pour la première version) dans l'usine.

     Le tout est ludique, sans sous-entendus, sans pour ni contre, sans potacherie niaise, avec une actrice qui s'en donne à coeur joie, et qui semble tout aussi ravie et paniquée de manger des chips chez la maman de son ancien prof d'économie, que de se faire prendre en stop par la belle Natashia Williams, de ramasser les poubelles le longs des autoroutes ou encore de recontrer Jésus. D'ailleurs le personnage principal du film, qu'on entend au début comme à la fin, c'est cette espèce d'"herbe du destin" qui conduit la pauvre et heureuse Jane de mal en pis, comme une saucisse dans une usine de charcuteries sous cellophane, en la préservant toutefois de toute méchanceté et de toute responsabilité.
    

Publié dans Mes Tops

Commenter cet article

Thib 18/01/2008 13:19

Salut. Si tu veux découvrir l'univers de Gregg Araki, je te conseille un autre film qui est "Mysterious Skin". C'est un film bouleversant qui n'est pas du tout dans le même style que "Smiley face". Thib.

Thib 18/01/2008 11:49

Salut Penelope, merci de ton commentaire sur "Lost Highway". J'ai vu la bande annonce de "Smiley face", ça a l'air complètement déjanté comme film. D'un côté, ça me surprend guère car le réalisateur est assez marginal par rapport au système, il est plus dans le style indépendant. Thib.