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  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

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Mercredi 20 février 2008

paris.jpgREALISATEUR : Cédric Klapisch
ACTEURS : Juliette Binoche, Romain Duris...
DUREE : 2h10'


     A Paris, Pierre apprend que son coeur le lâche et qu'il va devoir subir une opération à risque. Dans les rues, les autres continuent de mener leurs vies avec petites et grandes peines, petits et grands espoirs...

     Paris est un film en mosaïque, avec des destins divers qui - parfois seulement l'espace d'un regard ou d'une seconde - se croisent quelque part dans les rues de Paris.
     C'est dire l'importance que prend le montage, qui va décider du rythme, de l'équilibre, de la cohérence, de l'harmonie entre toutes ces parties qui vont s'entremêler. Or justement, j'ai souvent trouvé que la magie ne marchait pas, et qu'au lieu d'avoir un kaléidoscope aux multiples facettes, on avait un éparpillement confus de points de vue assez désorganisé, ce qui crée des longueurs et des déceptions.
     Le problème quand il y a autant de points de vue différents, c'est justement d'arriver à donner soit un sentiment de totale confusion, de désordre, de constructio protéiforme ; soit un sentiment de profonde unité dans la diversité. Et là, Paris ne réussit ni l'un ni l'autre. Pas assez éclaté pour plonger le specateur dans une ville vraiment bigarrée et multicolore ; pas assez concentré pour sentir l'esprit qui fait communier tous ces personnages vivant entre les mêmes murs de la grande ville.
     Pourtant il y avait un regard unique - celui de Pierre - qui aurait pu assurer l'unité dans la diversité. D'ailleur le film commence comme le Rear Window d'Hitchkock, et on aurait pu assister à un Paris fantasmé et reconstitué par quelqu'un qui y vit et qui sait qu'il va mourir. Mais rapidement Pierre ne devient qu'une piste parmi des dizaines d'autres, et le fait qu'à la fin il croise un certain nombre d'autres personnage apparaît comme une facilité totalement artificielle.
     Il y avait aussi suffisamment d'acteurs, de figures, de personnalités, pour abandonner toute tentative d'unité et nous plonger dans un tourbillon de différence  - qui fait la particularité d'une métropole. Mais là encore le rythme fait que l'on a trop souvent le sentiment de s'appesantir, au lieu d'aller de flash en flash. On traîne sur le marché, on traîne à Rungis, ou alors on passe tellement vite que la sauce n'a pas le temps de prendre : chez le psychanaliste, par exemple.
     A cause de ces deux aspects : un regard unique qui ne joue pas son rôle, une diversité déservie par un montage molasson, le film est morne, long, pâle, partiel, et ne parvient pas à susciter beaucoup d'émotions. Les personnages passent, les uns après les autres. On les regarde passer. On attend quelque chose d'original, quelque chose de vivant, et le temps ne fait que passer.
     Donc, paradoxalement, c'est bien la vie qui manque dans ce film. Alors qu'il est censé raconter les dernier jours de vie d'un homme, les derniers jours dans la vie, dans le vivant, on a un tableau assez exsangue d'un Paris gris et cadavérique, où les gens gesticulent, parlent pour ne rien dire, subissent plus qu'ils n'agissent, sans qu'on sache - dans la confusion des points de vue - d'où vient ce regard un peu las et désabusé, s'il a un sens, s'il est le coeur du film, ou simplement un manque, une absence, un défaut.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Bofs communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Vendredi 1 février 2008

sweeney.jpgREALISATEUR : Tim Burton
ACTEURS : Johnny Depp, Helena Bonham Carter...
DUREE : 1h55'




     De retour à Londres après avoir été injustement jeté en prison, un ancien barbier reprend du service avec un seul objectif : se venger de son mauvais sort en égorgeant ses clients. Il fait le bonheur de la marchande de tourte du rez-de-chaussée qui désormais ne manque plus de viande fraîche...

     Un film sur la vengeance, plat qui se mange froid, dit-on... Ici pourtant elle se mange en sortant du four. Car la vengeance de Mister T. est aveugle, totalement injuste et disproportionnée.
     On comprend assez mal d'ailleurs pourquoi en plus d'éliminer un témoin de son ancienne identité et le juge qui l'a jeté en prison, a suborné sa femme et a séquestré sa fille, il se met à égorger tous les étrangers et les inconnus de Londres.
     Pour se justifier, après l'échec de la vengeance objective et adaptée à la faute à réparer (il a raté de peu la gorge du juge), Sweeney construit un discours moralisateur sur la noirceur naturelle de l'homme légitimant le crime aveugle au nom d'une universelle culpabilité. Il suffit qu'un seul homme commette un crime pour que, de proche en proche, l'humanité tout entière soit coupable. Malgré tout, le passage - en une chanson - de l'homme blessé qui a soif de vengeance au psychopate serial killer n'est pas très convainquant !!!
     Pas très convainquante non plus la petite histoire d'amour, parfaitement inutile, qui se greffe là-dessus avec un prince charmant de pacotille totalement hors-jeu. Là encore, elle se borne à nous valoir une ou deux roucoulades sur "Johanna" qui font penser aux "Maria" de West Side Story, avec Bernstein et Shakespeare en moins.
     Pas très convainquant non plus l'interminable début, qui - surtout quand on connaît l'histoire avant que le film ne commence, ce qui est le cas de tous ceux qui ont vu le musical - n'en finit pas de durer.
     Pas très convainquant non plus l'humour. A part Helena Bonham Carter - actrice géniale - qui a deux ou trois répliques glacées assez drôles, l'essentiel de l'humour est théoriquement contenu dans les chansonettes, mais - à mon avis - tombe systématiquement à plat quand on est pas dans l'ambiance musical. Or au cinéma, on n'est définitivement pas dans l'ambiance musical. Il suffit d'être allé une seule fois dans sa vie voir un musical sur la 42ème Rue pour voir la différence totale qu'il y a entre une salle de cinéma et une salle de spectacle...
     Pas très convainquante enfin, la prestation musicale des acteurs, qui, pour le dire gentiment, chantent terriblement mal. En plus dans une salle bien équipée où le son est amplifié, au bout d'une demi-heure, on n'en peut plus. D'autant que la qualité musicale de la partition, pour être sympa, n'en est pas pour autant prodigieuse, loin de là. Donc vite fait la musique s'avère plate et ennuyeuse.
     Reste le parti pris "Grand Guignol" qui, lui, avec son côté excessif, halluciné, jouissif dans son esthétique du laid, du sale, du sanguinolant, et porté par deux acteurs très convainquants, vaut sans aucun doute le détour. Et l'image finale, sorte de Pieta inversée, image très saignante mais très belle de l'aboutissement dramatique d'une folie et d'un retour trop tardif à la raison et à la conscience est - vraiment - superbe.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Bofs communauté : Vos critiques de cinéma
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