REALISATEUR : Jon Favreau
ACTEURS : Robert Downey Jr, Gwineth Paltrow...
DUREE : 2h05'
Riche inventeur et séducteur, Tony Stark se fait enlever par des terroristes afghan
pour leur construire une réplique d'un redoutable missile dont il est le créateur et le commerçant. Il les trompe en se fabriquant à la place une armure très très sophistiquée...
J'avais bien aimé les trois Spider Man, que j'avais regardé "à la légère" pour profiter de tout ce qui pouvait plaire : l'action, l'humour, et même l'histoire
d'amour !...
ici j'ai vraiment eu du mal à prendre Iron Man à la légère, et à m'y amuser. D'abord et avant tout, parce que le personnage principal est vieux, antipathique et
niais.
Bien sûr il y a toujours un décalage voulu entre le super héros dans l'exercice de ses fonction, et le gars normal dans la vie de tous les jours. Spider man lui-même est
un gamin un peu niais, sentimental, et souvent ridicul. Superman, lui, affecte d'être un imbécile au grand coeur pour mieux passer inaperçu. Tout ça permet de rendre le super héros moins
effrayant, moins inatteignable, et donc plus sympathique. Et surtout de s'assimiler à lui ou à celle qui a la chance de poser ses lèvres sur les siennes^^.
Mais ici la discrépence entre le super héros et le gars à la ville est telle que le super héros lui-même devient antipathique. C'est un vieux fanfaron, un séducteur
volage et désabusé qui nous fait le coup de l'amourette gentillette avec sa fidèle secrétaire, un milliardaire pourri qui choisit le "bien" pour se donner bonne conscience, sans jamais qu'on
ai vraiment l'impression qu'il y ait une once de sincérité et d'authenticité dans ce marchand d'arme bastonneur.
En grande partie, je pense que cela est dû au sur-jeu agaçant de l'acteur, à son âge, à son espèce d'inconsistance psychologique qui l'enferme dans la désolante
pré-adolescence à laquelle semblent souvent condamnés les super-héros, qui n'est autre que la pré-adolescence de leurs lecteurs.
Encore, tout cela ne serait rien si le scénario se tenait un peu. Evidemment, dans un film de super héros, on ne va pas faire la fine bouche devant les invraissemblances.
Mais là les terroristes afghan (comme par hasard) assez niais pour ne pas contrôler la fabrication du missile et ne pas voir que leur prisonnier construit une armure, c'est vraiment prendre le
spectateur pour un âne.
Alors il resterait les scènes d'action pour oublier tout le reste. Et c'est le clou du film : il n'y en a pas trois en tout ! une petite baston pour sortir de la grotte,
une mini scène d'action pour libérer le village, et un duel comme on en a déjà vu mille en mieux pour battre le gros-méchant-de-la-fin... tout le reste, c'est du baratin, des gags à deux euros,
et du "allons castagner les méchants car vendre des armes c'est pas bien"...
par Pénélope Lemarchand
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REALISATEUR : Philippe Claudel
ACTRICES : Kristin Scott Thomas, Elsa Zylberstein...
DUREE : 1h55'
Eloignée des siens après 15 années de réclusion, Juliette est hébergée chez sa soeur. Tout en affrontant le regard et les
sentiments des autres, elle essaye de retrouver une vie sociale saine...
Il y a quelque chose d'un peu gros dans le sujet de départ, qui nécessiterait beaucoup de finesse, beaucoup de tact, beaucoup de délicatesse de la part des
acteurs et du réalisateur. C'est un peu ce qui se passe au début.
La progression de l'intrigue par petites allusions progressives semble un peu artificielle, un peu théâtrale au mauvais sens du terme, mais nous fait pénétrer doucement
dans l'univers éprouvant de cette Juliette qui doit porter sur elle le jugement des autres et - surtout - son propre jugement.
L'actrice joue juste cette infinie distance du regard, cette habitude forcée à l'ennui carcéral, cette rancoeur face au gaspillage inconscient de l'amour et de la
liberté, cette méfiance lasse vis-à-vie de tout, des autres, de soi-même, de l'amitié et du bonheur.
Mais rapidement la carricature pointe son nez et alourdit un propos déjà épais au départ. En particulier l'interrogatoire invraisemblable avec l'employeur qui réclame de
savoir quel délit son employée a commis, et qui la jette comme une malpropre dès que celle-ci, presque sans broncher, lui a débalé ses ordures.
Un film qui aurait dû rester le film de l'allusif et du silence, pour se concentrer sur la pesanteur du remord et de la suspission se met alors à devenir de plus en plus
bavard, de plus en plus démonstratif, de plus en plus obscène.
Au lieu de nous faire pénétrer dans l'intimité de la souffrance, il nous expose au grand jour les lieux communs de la pleurnicherie. On peut souvent être fier de
faire rire, on devrait souvent avoir honte de faire pleurer. Il y a quelque chose de trop noble dans les larmes pour les brader.
Et puis surtout, alors que l'histoire est si mal conduite qu'on se demande comment elle pourra finir, un stupide retournement de situation vient tout mettre par terre.
Tout le pesant échaffaudage passionnel et introspectif qu'on a vu construire n'aura finalement servi à rien, car le film n'était qu'une stupide fausse piste, bêtement cachée au spectateur pour
lui faire le coup de la révélation finale. Une révélation si invraisemblable, si niaise, si lâche dans son refus d'assumer la culpabilité - aussi horrible soit-elle, si grotesque dans son
artificialité, si malhonnête, qu'elle révolte et qu'elle dégoûte.
Ce film se moque d'un sujet grave et se moque des spectateurs. Il n'a finalement rien à dire ni rien à apprendre. Il ne fait rien comprendre. A la crudité violente
et cruelle du réel, il préfère la mièvrerie étudiée et complaisante de la pire des littérature. Celle qui se croit tout permis pour assurer ses petits effets.
par Pénélope Lemarchand
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REALISATEUR : Dany Boon
ACTEURS : Kad Merad, Dany Boon...
DUREE : 1h46'
Muté dans le Nord-Pas-de-Calais après s'être fait passer pour un handicapé parce qu'il voulait aller sur la Côte d'Azur, un
directeur de bureau de Poste fait connaissance avec les autochtones...
Dimanche soir j'ai fait la scrutatrice dans mon bureau de vote. Pendant que les urnes étaient vidées, les enveloppes et les bulletins comptés, j'ai bavardé avec les trois
autres dépouilleurs de ma table (n°4) : une vieille dame rigolote, une femme à la voix rauque et un jeune qui s'imagine que dépouiller c'est faire de la politique. Tous les trois avaient vu - et
adoooooré - Bienvenue chez les Ch'tis.
Personnellement rien ne m'attirait dans ce film (comme je le leur ai dit), ni la Bande-annonce pas drôle, ni les acteurs, ni surtout le thème, ayant plutôt tendance à
trouver Paris encore beaucoup trop "provincial"^^
Alors je me suis dit que j'étais bête, et j'y suis allée à la séance de 11h35 dans la salle 16 (toujours ma préférée) du Ciné-Cité de La Défense. Nous étions une
quinzaine dans la salle. Derrière moi, deux filles n'ont pas arrêté de glousser à chaque réplique. Au moins ça mettait un peu d'ambiance. Pour le reste...
Pour ne pas me mettre des millions de spectateurs à dos (encore que mon avis n'intéresse pas forcément grand monde LOL), je pourrais dire que j'ai bien aimé. Mais
honnêtement j'ai trouvé ça pitoyable. Pas drôle, pas drôle et surtout pas drôle. Des vieux gags qui font de la peine, un côté cul-cul qui fait de la peine, et un portrait des gens du Nord qui
fait carrément de la peine.
Le côté "patois local" m'a énervée, c'est laid à entendre, les expression sont moches, ça ressemble à une sous-langue. Rien à voir avec la langue savoureuse des
personnages de Pagnol par exemple. Elle sert uniquement d'étendard à un régionalisme bêbête, qui, dans le film, se borne à inverser les [ch] et les [ss], piccoler, et servir du fromage
qui pue.
Et au lieu d'avoir du vécu, on a des vieux acteurs d'arrière garde caricaturaux : Galabru qui nous fait sa propre imitation, Line Renaud qui se croit au théâtre, deux
comiques poussifs qui font des grimaces, et des autochtones qui jouent les débiles pour avoir l'air sympa.
Maintenant je suis bien obligée d'admettre que le film a un succès fou : mieux que la Grande Vadrouille ou les Gendarmes à Saint-Tropez, ça déchire, ça
! Alors je me demande ce que j'ai raté. Où est mon gros défaut personnel qui m'a rendue insensible à ce film. Pourquoi je n'ai pas ri une seule fois ? Pourquoi j'ai trouvé ce film infiniment
ennuyeux, et infiniment triste.
La réponse est simple : ça n'est pas en caricaturant les défauts qu'on en fait des qualités. Et ça n'est pas non plus en carricaturant des qualités, qu'on rend des gens
sympathiques.
par Pénélope Lemarchand
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REALISATEUR : Doug Limna
ACTEURS : Hayden Christensen, Samuel L. Jackson...
DUREE : 1h35'
David Rice découvre un peu tard qu'il est doué d'un don de téléportation : c'est un "jumper". Il découvrira en suite un peu tard que les
jumper ont des ennemis : les "paladins". Et puis aussi qu'entre deux jump il est amoureux...
C'est rigolo, de temps en temps, de voir un film terriblement mauvais, qui prend vraiment et sans aucune honte les spectateurs (et les spectatrices) pour des
imbéciles.
Ici ça marche assez bien : il suffit de quelques minutes pour comprendre qu'on nous prend pour des imbéciles, et que ça sera comme ça jusqu'à la fin.
Incapable de lancer son histoire correctement, après un inutile flash forward, le réalisateur nous fait le coup de la "voix off" qui se présente à nous, nous explique les
choses que les images n'auraient pas du tout suffi à nous faire comprendre.
Le héros est évidemment un gamin un peu timide et ridicule. Mais attention : il a un pouvoir magique de téléportation. ça fait du bruit, ça abîme un peu le plancher,
mais ça lui permet de hop ! se retrouver mieux qu'Obélix sur la tête du sphinx, où face à une vague de 9m, sa planche de surf aux pieds.
A-t-il envie de passer la nuit avec une élégante londonienne, pas de problème : il se téléporte à Londres, et hop ! passe la nuit avec l'élégante londonienne (grâce à un
pouvoir de séduction dont on ne nous avait pas parlé).
A-t-il envie de jeter un coup d'oeil sur le coffre-fort d'une banque pour pouvoir s'y jumper après et se servir, que hop ! il demande les toilettes à un vigile, qui le
fait passer juste devant le coffre-fort de la banque, dont la porte est justement entrouverte à ce moment (grâce à un pouvoir de sacré-coup-de-pot dont on ne nous avait pas non plus parlé).
A-t-il envie de nous donner une scène anthologique, que hop ! il retrouve huit ans après sa copinette de lycée et qu'il la gratifie d'un dialogue totalement surrealiste
dans une scène dont l'invraisemblance et la niaiserie semblent totalement imbattables (grâce à un pouvoir de
je-joue-vraiment-comme-un-pied-mais-c'est-pas-grave-car-j'étais-Darth-Vader-dans-Star-Wars dont on ne nous avait toujours pas parlé).
Je passe sur Samuel L. Jackson et sa perruque blanche, les scènes dont on oublie totalement l'utilité (pourquoi roulent-ils comme des malades à Tokyo ?... un bisou à
celui qui me le rappelle !), les personnages inutiles (comme la maman-du-héros), l'amourette niaise... Et le fait que le "héros", finalement, ne soit, malgré ou à cause de son
don, qu'un petit voleur égoïste...
Seul moment que j'ai aimé, l'apparition totalement inattendue de Kristen Stewart, à la fin, qui m'a rappelé la scène que j'avais préférée dans Into The
Wild...
par Pénélope Lemarchand
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