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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /Sep /2008 14:04

TITRE : C'EST DUR D'ETRE AIME PAR DES CONS
REALISATEUR : Daniel Leconte
ACTEURS : Philippe Val, Cabu...
DUREE : 1h48'



     Afin de garantir la liberté d'expression et de soutenir les journalistes danois impliqués dans une affaire de caricatures visant l'islamisme terroriste, "Charlie hebdo" décide de reproduire ces dernières dans ses pages, accompagnées d'une Une de Cabu représentant Mahomet débordé par les intégristes et soupirant : "c'est dur d'être aimé par des cons..."

     On lit dans le Coran : "Ceux qui dirigent des pointes contre Allah et Son Prophète seront jetés face à terre comme  l'ont été ceux qui furent avant eux. Nous avons fait descendre de clairs aya. Aux infidèles un tourmant avilissant (LVIII, 5)" On comprend alors qu'il faut de l'audace et du courage pour publier une caricature représentant Mahomet, dans un contexte tendu, où la violence, à la moindre occasion, prend le pas sur le dialogue.
     C'est pourtant cette audace et ce courage qu'a eus l'ensemble de l'équipe de "Charlie Hebdo" face à l'affaire des caricatures danoises. Mais non pas une audace agressive, moralisatrice et donneuse de leçon. Une audace qui passe par le rire et la dérision, par le bon sens, par la clairvoyance, car l'humour, l'ironie, la satire, la caricature, l'esprit, sont avant tout des moyens de lucidité et de claivoyance.
     C'est d'ailleurs la première chose qui étonne dans ce documentaire : à la fois les risques insensés pris en publiant ces images aujourd'hui, et la désinvolture bon-enfant avec laquelle toute l'équipe se rend au procès pour, par cet exemple, défendre des valeurs républicaines comme la laïcité ou la liberté d'expression. On a donc deux mondes d'emblée qui s'opposent : celui des cris, des invectives, de la réponse violente, de la menace, de la force, du crime, de la vexation, de l'orgueil d'un côté ; celui de la distance, de la désinvolture, de la nonchalance, du rire, du dialogue, du raisonnement, de la défense pacifique de valeurs communes de l'autre.
     Et cette "fine équipe" de trublions, drôles mais néanmoins intelligents, provocateurs mais néanmoins réfléchis, et surtout doués (la Une de Cabu - que l'on voit peu à peu se faire - est quand même géniale...) devient vite authentiquement sympathique et prouve combien le rire est un outil de l'intelligence.
     Si le début reste assez anecdotique, parfois quand même assez complaisant, la fin nous réserve de grands moments. Sans oublier quelques gags hilarant comme l'idée que les accusateurs devraient surtout apprendre à dessiner pour nous faire des caricatures d'athées marrantes.
     Autre moment savoureux entre tous, celui de la plaidoierie reconstituée de Richard Malka, au cours de laquelle, à la stupeur générale, il fait le "best of Charlie" des pires attaques conduites par le journal contre le christianisme, pour savoir si c'est vraiment l'égalité de traitement que demande l'accusation musulmane. C'est génial, c'est drôle, c'est efficace, et ça ridiculise les hypocrites.
     Autre grand moment, beaucoup plus sérieux, cette succession d'analyses pénétrantes (par des intellectuels musulmans) du "mal interne" que connaît un Islam trop souvent arrogant, aveugle à l'égard de ses propres dérives, et incapable de faire le bon procès, celui des fidèles raisonnables, pieux et éclairés d'une religion qui a su être brillante, contre ceux qui - les islamistes - en sont la véritable et dangeureuse caricature.

Par Pénélope Lemarchand - Publié dans : Mes Tops - Communauté : Cinéma
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