LAS VEGAS 21

Publié le par Pénélope Lemarchand

TITRE : 21
RELISATEUR : Robert Luketic
ACTEURS : Jim Sturgess, Kevin Spacey...
DUREE : 2h02'


     Un professeur de mathématique du MIT (Massachussetts) sélectionne les meilleurs de ses élèves pour mettre leur don en calcul mental au service du Black Jack à Las Vegas. Les gains fantastiques qu'ils font changent leur vie, mais alertent aussi les service de contrôle des casinos...

     Dominée par le personnage à la fois effrayant et attachant de Kevin Spacey (qui semble s'en donner à coeur joie dans le rôle du maître élitiste et pervers), cette histoire d'escroquerie par l'intelligence nous plonge dans deux mondes que tout devait séparer : une université prestigieuse de Boston et les casinos nocturnes de Las Vegas.
     L'intelligence des premiers de classe est souvent rassurante : ils sont gentils, un peu niais, polis et obéissants, ils obtiendront leurs diplômes et un métier sérieux. Pourtant cette même intelligence peur s'avérer une arme redoutable et quasi-invisible lorsqu'elle est utilisée ailleurs que dans un amphi. Et là c'est un régal de vois nos cinq forts-en-math se métamorphoser (un peu comm Jekyll devient Hide) en stratèges maléfiques et tricheurs, hantant les hôtels brillants et clignotants de la "ville du vice"...
     Cela est possible grâce à l'influence du maître, qui flatte à la fois la propre image qu'ils ont de leur qualité, et leur ouvre surtout les portes d'un monde qu'ils imaginaient inacessibles, et dans lequel ils se retrouvent à leur tour manipulateurs, et donc tout puissants. La raison du plus fort, c'est ici que si l'intelligence et la mémoire permettent de gagner, alors que la sottise et la distraction font perdre, il n'y a qu'à être intelligent.
     Pourtant, finalement, l'histoire tourne mal. Pourquoi : sûrement pas par un sursaut moral. C'est celui qu'on évince qui nous le fait comprendre : ce qui finit par mal tournée, c'est qu'à force de manipuler le monde, on finit par s'en extraire totalement, et il finit par ne plus être vivable. Le héros perd peu à peu tout contact avec ses amis du monde "réel" et leur recherche, c'est-à-dire la résistance des choses. A Las Vegas rien ne résiste, tout flotte, argent, sensulalité, alcool... Ce n'est donc pas par scrupule moral que finalement les disciples se retournent contre le maître, mais parce qu'ils comprennent qu'en leur donnant tout, il les a ôtés du monde.
     Et c'est la fin du fantasme. Le fantasme du bon élève qui révasse, seul dans sa chambre, à un monde où les filles, le plaisir, l'argent, ne lui resisteraient pas plus qu'un formule mathématique, et qui finit par se lasser de ce fantasme, car dans un monde où plus rien ne résiste, où tout s'obtient d'un claquement de doigt, finalement, plus rien n'a de sens.

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