LE JOURNAL D'UNE BABY-SITTER

Publié le par Pénélope Lemarchand

TITRE : THE NANNY DIARIES
REALISATEUR : Robert Pulcini & Shar Springer Berman
ACTRICES : Scarlett Jonhansson, Laura Linney...
DUREE : 1h44'


     Anny reçoit son diplôme de future anthropologue, mais réalise rapidement qu'il n'intéresse personne. Presque sans le faire exprès, elle se retrouve donc nanny sur la 5th Avenue, ce qui - anthropologiquement parlant - n'est pas sans intérêt...

     "Anny la Nanny" pose un regard à la fois naïf et détaché sur le monde des baby-sitter, sur elle-même, et sur sa manière de parler d'elle-même et du monde des baby-sitter. Et c'est ce qui fait - je trouve - le charme rigolo de ce film.
     Lorsque le cinéma aborde la critique sociale, il le fait la plupart du temps sous deux tons. Soit le ton sérieux du drame social, ce qui donne des films graves, mais souvent un peu lourds. Soit il le fait sur le ton léger de la comédie, ce qui est plus amusant mais qui ruine souvent le propos critique.
     Ici il y a une "petite magie" dans la manière de parler des relations fondamentalement abjectes qui s'établissent entre une femme trompant son désoeuvrement par une agitation frénétique et une fille qui met du coeur à ce qu'elle fait, tout humble - voire humiliant - que ce soit.
     Cette magie, elle vient d'un dosage précis entre la caricature et la lucidité, la dérision et la critique, la naïveté et la réflexion. La voix off, sans illusion en ce qui concerne les clichés qu'elle véhicule, fait le lien entre toutes ces dimensions, et permet au film, tout léger qu'il est, de tenir.
     Mais d'ailleurs, au-delà de la descritption "anthropologique" des familles de la 5th Avenue et du statut d'esclave moderne des nannies, ce journal - comme tout journal - est une longue variation sur la solitude. Comme on pouvait le sentir dans ses deux illustres prédécesseurs, Mary Poppins et The Sound of Music (tous les deux avec Julie Andrews en nounou de choc), il y a dans toutes ces histoires la même tonalité mélancolique.
     Car derrière les difficultés à établir le premier contact, à s'apprivoiser, à s'adopter ; derrière les connivences incroyables, secrètes, qui se créent ; derrière la relation abominablement chargée de sens et de sentiments qui peu à peu unit la nounou et les enfants qu'elle garde, derrière tout ça se dit, pour elle comme pour eux, une souffrance lancinante. La souffrance d'être seuls. La souffrance de compenser par un lien contingent et artificiel - aussi fort et véridique soit-il - l'absence du lien naturel et primordial de la vraie mère avec ses vrais enfants.
     Cette souffrance, elle se dit dans la scène très belle (reprise sur l'affiche) des deux french clowns, désespérants de solitudes et qui en disent long sur l'atmosphère d'isolement qui règne dans un foyer où chacun s'éparpille à chercher ailleurs ce qu'il a pourtant sous la main, et où le lien que tout le monde recherche est confiée à une "étrangère" qui - quoi qu'elle veuille et quoi qu'on veuille - se sait condamnée à rester une "étrangère".

 

Publié dans Mes Tops

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pénélope 30/05/2008 18:00

bah alors tu ne parles pas de la sortie de l'année (pour moi bien sûr ) : SEX AND THE CITY !!!

J'ai pas encore eu le temps d'y aller mais j'ai trop hâte !!

bisous Pénélope (moi pas toi ni l'actrice espagnol lol)