REALISATEUR : Eric Besnard
ACTEURS : Jean Dujardin, Valeria Golino...
DUREE : 1h40'
Un petit arnaqueur professionnel se fait tuer. Son frère, petit arnaqueur professionnel lui aussi, flanqué d'une policière tenace, croise le chemin d'un grand
arnaqueur professionnel...
Il y a des gens qui détestent connaître la fin d'un film quand ils vont le voir. Et qui détestent donc ceux qui révèlent la fin d'un film. Mais avec un film
comme Ca$h, ça n'est pas très facile d'en parler sans révéler la fin, puisque - justement - le seul intérêt du film, je trouve, c'est la fin.
A partir du moment où on a vite compris que le scénariste tirait les ficelles, et que le but de l'affaire était de créer des fausses pistes, des suspicions, des
retournements de situations, des coups de théâtre et autres effets de surprise, et que le meilleur serait forcément gardé pour la fin, la seule chose qu'on attend, c'est la fin.
Jusque là, rien de très original. Des parties de poker, des séductions le sourire en coin, des belles voitures, des garden party un peu ridicules, des
arnaqueurs stylés, des policiers plus ou moins honnêtes, un peu de sentiments dans un univers où tout ce qui est humain semble une faiblesse.
Et de l'argent, beaucoup d'argent, du vrai comme du faux, du toc comme du moins toc, à moins que tout ce qui sente trop l'argent ne soit irrémédiablement condamné à
être faux et toc, ce que le film ne dit pas, d'ailleurs, mais montre assez bien.
Et puis cette atmosphère de l'arnaque, où comme le dit l'accroche du film, il n'y a pas d'arnaqueurs sans pigeon, ce qui laisse entendre combien c'est un univers où
tout le monde dépend de tout le monde, où l'on n'est jamais tranquille, où la manipulation, l'oppression, la dépendance des uns envers les autres vous empêchent définitivement d'être
tranquille. L'arnaque ou l'art de se compliquer la vie.
Rien de bien compliqué dans l'intrigue, un peu trop nette pour être vraie, dans un genre où les scénaristes tentent si souvent de paraître originaux en compliquant pour
rien des trames de toute façon toujours identiques. C'est cette (fausse) simplicité dans l'affectation des rôle qui prépare en fait le retournement final, qui, je l'avoue, m'a bien surprise et
m'a bien plu !
Surtout qu'il ouvre tout à coup à une autre dimension. Le film, finalement, ne parlait pas d'arnaques. Il parlait de vengence, il parlait de stratégie, il parlait de
chasse, de complot, de machination. Et tout à coup le spectateur (enfin, au moins une spectatrice^^) se mettant un instant dans la peau du pigeon ressent - rétrospectivement - une
très incofortable et presque jouissive sensation de paranoïa...
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