WHATEVER LOLA WANTS

Publié le par Pénélope Lemarchand

TITRE : WHATEVER LOLA WANTS
REALISATEUR : Nabil Ayouch
ACTRICES : Laura Ramsey, Carmen Lebbos...
DUREE : 1h55'



     Lola croise sur son chemin, au même moment, un élégant égyptien et une cassette vidéo de la célèbre danseuse cairoise Ismahan. C'est assez pour la décider à s'envoler pour l'Egypte et à découvrir l'univers de la danse du ventre...

     
Un nouveau film de danse ou cette fois l'histoire - malheureusement - prend plus de place que la danse. Non pas que l'histoire soit sans intérêt, mais elle semble un peu trop invraissemblable, dans un contexte qui se veut réaliste, pour être pleinement convaincante : en réalité, elle n'est que la belle illustration du titre de la chanson éponyme : "Whatever Lola wants, Lola gets".
     Mais cette morale du "quand on veut, on peut" a d'un certain côté des relents d'américanisme triomphant qui peuvent rapidement d'exaspérer. Sauf si on décide de la prendre du bon côté, et de voir dans cette gentille barbie blondinette un trésor d'enthousiasme, d'effronterie, de culot, de bonnes intentions, de ténacité, d'obstination, d'efforts, de travail, de chances saisies, d'ambition et de rêve... ce qui fait quand même un peu beaucoup pour une fille de NYC toute seule au Caire.
     D'autant qu'il y a des facilités dans le scénario qui n'aident pas à y croire. Comme cet homme - à un balcon - qui tape sur sa radio et qui magiquement fait sortir quelques mesures du Lac des Cygnes de Tchaïkovsky, juste au moment où Lola essayait de conquérir le coeur de la fille d'Ismahan, ce qui lui permet d'esquisser quelques pas pour la plus grande joie de la fillette.
     A ces facilités s'ajoute aussi la constation que malgré leurs efforts, ni la "fameuse" Ismahan, ni la tenace Lola ne sont très convaincantes quand elles dansent. La danse du ventre, c'est avant tout la sensualité poussée à son comble, une limite jamais vraiment franchie entre la poésie et la vulgarité, un appel agaçant aux désirs, un parfum de lascivité qui trouble et qui envoûte. Là, cela devient une sorte de gymnastique abdominale finalement peu troublante.
     Pourtant quelque chose m'a bien plu dans ce film, sûrement son côté fantasmatique de dépaysement, cette idée de repartir à zéro en ayant tout à réapprendre, et surtout à se faire accepter, à se faire comprendre, en montrant qu'on est venue pour tout accepter soi-même et pour tout comprendre. Bien sûr Lola n'est pas partie pour découvrir Le Caire. Elle est partie pour donner un décor à son ventre, à son corps, à elle-même. Et bien sûr, donc, elle reste intégralement américaine, et ça n'est pas un hasard si sa danse emblématique se fait devant une maquette du Chrysler building de son NYC. Au moins le réalisateur ne nous impose pas l'idée - toujours un peu suspecte - de l'immersion béate dans une culture étrangère que par ignorance on trouve toujours meilleure que la nôtre.
     Et puis il y a cette scène minuscule surtout, pourtant dérisoire, et qui - sans que je sache vraiment pourquoi - m'est restée accrochée à la mémoire : ce petit duel entre Lola et une des danseuses du premier cabaret cairois dans lequel elle s'est faite embaucher. Danseuse locale, aux rondeurs sensuelles, qui dans ses trépignements remporte la victoire, et qui, au-delà des indécents billets qu'on lui lance, gagne ainsi - dans la juste défaite qu'elle lui impose - l'amitié d'une rivale.

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Thomas Grascoeur 06/05/2008 11:25

Salut Pénélope,
Un film sympathique, très bien fait, joli, mais un peu facile... Avec, c'est vrai, quelques scènes qui sortent du lot.