REALISATEUR : Fabien Onteniente
ACTEURS : Franck Dubosc, Emmanuelle Béart...
DUREE : 1h43'
Au Havre, un revendeur de water bed retrouve le goût du Disco pour tenter de gagner un concours et emmener son fils en Australie (le pays des
kangourous). Mais pour être sûr de gagner, il lui faudra l'aide d'une danseuse professionnelle issue du NYC Ballet et de ses deux vieux compère des années 80...
Si (comme moi) vous aimez la danse en général et le Disco en particulier, si vous n'êtes pas allergiques aux bonnes vieilles blagues mille fois vues de Franck
Dubosc, ou au jeu auto-carricatural de Gérard Depardieu - qui n'est plus un acteur mais une marque déposée, et si surtout vous aimez les histoires trop simplissimes pour être vraies, alors vous
êtes sûrement déjà allé(e)s voir Disco.
Moi je l'ai vu avec plaisir pour plusieurs raisons. D'abord et principalement parce que Franck Dubosc me fait rire. ça ne s'explique pas, j'ai beau essayer de me
raisonner, son sourire de cakou ringard pathétiquement sûr de lui et son côté "tête à claque" grotesque me met définitivement de bonne humeur.
Ici en plus, il n'est pas tellement "tête à claque". Dans son rôle de divorcé retourné vivre chez sa mère, et tentant de se donner une prestance malgré le côté
irrecevable - socialement - de sa situation, il est moins dans l'excès que dans ses numéros habituels. Et surtout, une fois qu'il a trouvé sa bonne cause à défendre, il se met à regorger d'un
dynamisme contagieux qui fait plaisir, et, à côté de sa mauvaise fois habituelle quand il n'a rien à défendre, d'une certaine clairvoyance vis-à-vis de lui-même qui le rend finalement
sympathique.
Cette cause, d'ailleurs, ça n'est pas seulement les vacances du fils et le pays des Kangourous. C'est aussi les souvenirs, l'amitié, le goût pour une danse de sa
jeunesse, bref, une opportunité positive de régression. Lui qui vit à quarante ans dans une sorte de préadolescence désespérante, il va pouvoir assumer cette immaturité de fait en la
réinvestissant dans une immaturité de droit : le Disco ! et redevenir, mais cette foit ouvertement, le grand enfant qu'il est condamné à être.
Il y a d'ailleurs dans le côté à la fois simplissime et collectif du Disco quelque chose de cette régression. Cette sorte de surexcitation souriante, toujours de bonne
humeur, exacerbée, cette musique condamnée à un éternel premier degré, a un côté "colonie de vacances" - avec tout ce que ça contient de petits bonheurs superficiels. Et puis les chansons
Disco, dans ce qu'elles ont de datées et d'indémodables à la fois, semblent avoir toujours été définitivement ringardes, ce qui les rend définitivement "hors jeu" et donc définitivement
sympathiques.
Une musique et une danse tellement kitsch que tout y est broyé par les paillettes : âges, classes sociales, qualités chorégraphiques, présent et passé, c'est
exactement ce qu'il fallait à Didier Travolta pour assumer l'impossibilité qu'il a à s'assumer lui-même ! Et dans le vertige des spot-light le miracle se produit : il devient John
Travolta et moi, sur mon siège de cinéma, je suis Olivia Newton-John !!! Si c'est pas la magie de la night fever, ça !!!
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