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  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

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Lundi 24 mars 2008

march.jpgREALISATEUR : Mervyn LeRoy
ACTRICES : June Allyson, Elizabeth Taylor...
DUREE : 1h57'


     Pendant la guerre de Sécession, la vie familiale d'une mère et de ses quatre filles. L'aînée se marie, la seconde joue les garçons et veut devenir écrivain, la troisième est une chipie, et la dernière, un ange à peine réel...

    
Il y a des films qu'on a tellement vus qu'ils ne sont plus des films, mais des sortes de rituels, auxquels s'attachent une foule de souvenirs. J'ai vu Little Women quand j'avais l'âge de Beth, et que j'étais incapable d'adresser la parole à quelqu'un sans sentir le sol défaillir sous mes pieds et perdre le souffle. J'ai vu Little Women quand j'avais l'âge d'Amy, et que je passais des heures devant mon miroir à dénigrer les filles en jean's et en baskets. Et aujourd'hui je regarde Little Women en m'imaginant - comme Jo - écrire un jour un grand livre...
     D'ailleurs, dans le film, comme dans le roman de Louisa May Alcott, Jo est le personnage central. D'autant plus facilement qu'elle concentre en elle-même toutes les forces et toutes les fragilités de ses trois soeurs. Elle semble effrontée et pourtant elle a la timidité et la solitude maladive de Beth. Elle semble négligée mais elle a la passion impertinente et provocante d'Amy. Elle semble insouciante mais elle partage avec Meg cet idéal de calme et de protection.
     A cela s'ajoute la figure du père absent, qu'elle prend en charge aussi, devenant ce tomboy qui n'a pas peur de parler aux garçon, de passer des heures avec eux, mais qui refuse à tout prix d'imaginer partager sa vie intime avec l'un d'entre eux. Si elle est affectée par l'indifférence que finit par lui montrer Laurie, ça n'est pas parce qu'elle l'aimait, c'est parce qu'elle en avait fait son jumeau, et qu'en épousant Amy, c'est un frère qu'elle perd.
     Il faut donc à Jo la sublimation de l'art, grâce à Fritz Baher, la beauté d'un poème de Goethe, la sensualité d'une voix à l'opéra, la confiance d'un lecteur intransigeant qui croit en elle et en son art, pour que, finalement, la sensualité soit possible, et que le frère devienne un homme, et un homme qui se touche.
     Ce caractère à la fois totalement fantasque et immature, mais aussi bouillant et ambitieux, effronté et farouche, enfantin et supérieurement intelligent, est incarné par June Allyson d'une manière que j'ai encore trouvée plus belle, plus vraie et plus géniale hier soir.
     Ce sourire de tout son visage, qui exprime à la fois toute sa franchise, ton son espoir dans le monde, tout son besoin de trouver dans l'autre un compagnon digne de sa solitude, la rend fascinante de bout en bout. L'angélique Margarett O'Brien comme la peste Elizabeth Taylor ou la fade Janeth Leigh ne sont que les faire-valoir de celle qui vit tout et qui ressent tout, avec laquelle on sent que l'auteur s'identifiait, l'actrice s'identifiait, et - hier soir au moins - la spectatrice s'identifiait.

 

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes DiViDi communauté : ciné-blogs
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