MON PROFIL

  • penelope-mon-cinema
  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

Mes Derniers Films

Mes derniers Dividi

march-copie-2.jpg

tideland-copie-1.jpg

twilight.jpg

rublov-copie-1.gif

LES Catégories

Mes albums

LES Derniers Commentaires

UNE Recherche ?

Samedi 1 mars 2008

venise.jpgREALISATRICE : Marguerite Duras
ACTEURS (voix) : Delphine Seyrig, Michaël Lonsdale...
DUREE : 2h00'


     Pendant que l'image déambule dans les pièces et les couloirs d'une immense bâtisse en ruine, des voix tentent de saisir l'écho de l'histoire d'un amour improbable entre la belle Anne-Marie Stretter et le vice-consul de Lahore, dans l'atmosphère lépreuse et etouffante de l'Ambassade de France à Calcutta...

     Le film le plus hypnotique, le plus fascinant, le plus impensable - à mon avis - de toute l'histoire du cinéma. Deux heures pendant lesquelles le spectateur hante littéralement un lieu à la fois repoussant et magique : les ruines du palais Rothschild à Boulogne. Deux heures à entendre des bribes de souvenirs et de conversation évoquant ou revivant une anecdote à la fois terrible et dérisoire.
     Pas d'acteurs donc, dans ce film (à peine quelques silhouette - les "voix" - entraperçues à l'extrême fin, avant que le soleil ne se couche sur cette étrange histoire). A la place, un lieux abandonné, maudit. Le palais Rothschild, ancienne propriété des Rothschild souillée par la présence du National-Socialisme pendant la Seconde Guerre Mondiale, et laissé depuis à l'abandon.
     Ces ruines, que Marguerite Duras filme et refilme avec une sensualité morbide, sont comme hantées par cette histoire d'amour que des voix hésitantes ou des bribes de conversations nous racontent, et deviennent par la magie du cinéma l'ambassade de France à Calcutta. Le vice-consul de Lahore y participe à une réception. Il est séduit, comme tous les hommes, par Anne-Marie Stretter, l'ambassadrice. Mais s'attache à lui une réputation effroyable. Il sait qu'il ne pourra faire parti de ses proches. Il sait qu'il ne pourra jamais l'aimer.
     Pour compenser cet amour impossible, il parvient à danser avec elle :
     V.-CONSUL : Je vais crier. Je vais leur demander qu'ils me gardent ici ce soir. Pour que quelque chose ait lieu entre vous et moi. Un incident public. Je ne sais que crier. Et qu'ils sachent au moins qu'on peut crier un amour. Pendant une demi heure, je sais, ils seront mal à l'aise. Et puis, il recommenceront à parler.
     Il crie le nom d'Anne-Marie Stretter : "Anna Maria Guardi". Son nom de Venise. Dans Calcutta désert. Les voix reprennent. Racontent la mort d'Anne-Marie Stretter. Puis ce chant d'une mendiante.
     Son nom de Venise, c'est un lieu improbable, le souvenir d'une passion, et enfin une musique : "India song", répétée à l'envi pendant le film, musique lancinante, chaude, moite, à la fois mortelle d'ennui et chargée de désir, d'un désir las. Dans les ruines du palais, elle résonne comme un fantôme, dans ce monde lépreux, dans ce microcosme putride des ambassades et des salons, ou rien, finalement, n'a lieu que la mort.


PS : une superbe "visite" du Palais Rothschild dans un état de délabrement plus avancé que dans le film de Marguerite Duras est possible à l'adresse suivante : http://pagesperso-orange.fr/derelicta/rothschild.htm
par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes DiViDi communauté : Cinéma
ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Voir tous les articles
 
Blog : Rêver sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus