Mr MAGORIUM'S WONDER EMPORIUM

Publié le par Pénélope Lemarchand

magorium.jpgREALISATEUR : Zach Helm
ACTEURS : Dustin Hoffman, Natalie Portman...
DUREE : 1h30'


     Le patron d'un magasin de jouet magique s'apprête à quitter cette vie, faute de pouvoir renouveler ses chaussures préférées. Il va tout léguer, avec l'aide d'un comptable manquant cruellement de fantaisie, à sa collaboratrice, qui essaye vainement de composer un beau concerto pour piano...

     Benjamin Gates m'a fait croire qu'à 20 ans on était devenue vieille, et que les films pour "tout public" ne faisaient plus rire et ne donnaient plus aucun plaisir. Mr Magorium m'a convaincu du contraire, et me voilà rassurée : j'ai adoré ce film !
     Le principe du jouet (et c'est la différence avec le jeu) c'est qu'il n'a pas de règle. C'est un objet avec lequel on reste libre de faire ce qu'on veut, d'inventer des règles, justement, ou - mieux - des univers.
     Ici le magasin de jouet devient lui-même un jouet. Un immense objet à l'intérieur duquel le fantasque Mr Magorium s'invente un univers, des lois, des règles, des "possibles" qui ne sont pas ceux du monde réel, qui, par comparaison, apparaît bien terne, bien gris, comme les complets du "mutant" comptable.
     Molly est elle aussi une faiseuse de rêves. En tant qu'interprète d'abord (toute petite elle jouait avec succès le 2ème Cto pour piano de Rachmaninov) en tant que compositeur maintenant où elle s'essaye à créer un univers sonore et musical en tentant d'écrire "son" concerto. Mais c'est une fabricatrice d'univers un peu déçue, trop timide, trop humble, parce que, tout simplement, elle "n'y croit" pas assez.
     Car pour qu'un jouet marche, il ne suffit pas d'y mettre des piles ou de le sortir de son emballage en plastique. Pour qu'une jouet marche il faut "y croire". Il faut construire dans sa tête l'univers à l'intérieur duquel le camion de pompier est un vrai camion de pompier, le petit singe amoureux est un vrai petit singe amoureux, l'avion en papier un vrai avion tournoyant dans le ciel du magasin.
     Et si on n'y croit plus, les jouets meurent. Ils se ternisent, ils prennent la couleur d'un complet gris de comptable, ils ne bougent plus, ils ne vivent plus, ils n'éclairent plus le monde de magie, d'imagination, de fantasmes et de fantaisie.
     Mais cette "foi" n'est pas une foi en quelque chose d'extérieur. Ce n'est pas un pouvoir magique ou religieux extérieur - bien sûr - qui anime les balles rebondissantes ou Kermitt la Grenouille. C'est la magie de notre propre imagination. C'est à nous de bâtir l'univers où le jouet prend vie, de lui offrir un monde dans lequel il se sente bien et dans lequel on puisse vivre, avec lui, les plus folles aventures.
     C'est un peu - à mon avis - l'image de cette collection de chapeaux, chaque chapeau dissimulant un univers différent dans la tête de ceux qui ont encore conservé toute la magie de leur imagination.
     C'est aussi cette imagination qui est nécessaire au cinéma si on veut faire d'un film quelque chose d'autre qu'une simple succession d'images, de termes techniques, d'acteurs et de répliques sur un écran. Un film est un jouet, dont on doit s'emparer, pour lequel on doit créer un univers dans lequel le film et soi-même pouront partager des aventures inédites, où la distinction entre fictif et réel n'existe plus, dans le domaine tout puissant de l'imagination et de la fantaisie.

PS : Je dédie cette petite critique à Patate, ma peluche^^.

Publié dans Mes Tops

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:0051:Sebiwan 25/02/2008 08:56

J'ai bien envie de voir ce film, mais priorité pour l'instant pour Cloverfield. J'ai toujours pas eu l'occas d'y aller. Bisous

julie 19/02/2008 13:56

j'hésitais à aller voir ce film, peut être trop loufique et excentrique à mon goût mais tacritique m'a donné envie. Ca sera le prochain sur ma liste, reste à voir quand j'aurai le temps....dimanche soir peut etre...