REALISATEURS : Joël & Ethan Coen
ACTEURS : Tommy Lee Jones, Javier Bardem...
DUREE : 2h02'
Au Texas, dans les années 80, un chasseur découvre, près du lieu d'un traffic de drogue qui a mal tourné, une malette remplie de coupures de 100$. Il sera
pourchassé par un tueur sans pitié tandis que le vieux sheriff constatera son impuissance à y comprendre quoi que ce soit...
Beaucoup de pistes, et pas une seule qui semble traitée comme il faut et tenir la route. D'où l'impression que j'ai eue d'un film brouillon,
maladroit, bancal, long et inutile. Assez prétentieux aussi, dans la mesure où il semble nous dire que chacune des pistes qu'il ouvre est géniale, alors qu'il se montre incapable de les suivre
vraiment.
La première piste, c'est celle du trésor empoissonné. Une malette pleine de billets, mais qui va attirer les pires ennuis à celui qui s'imagine avoir trouvé - grâce à
elle - le bonheur tranquille et facile. Outre qu'elle est passablement banale, cette piste s'évente vite, étant presque tout de suite court-circuité par la suivante - celle du
tueur sans pitié - lequel ne semble pas tant intéressé que ça par la valise et son contenu. Du reste à la fin - sauf erreur de ma part - on ne sait guère ce qu'elle est devenue.
La deuxième piste, donc, celle du tueur sans pitié, est à mon avis la plus inconsistante. Elle aurait pu être effrayante - toute banale qu'elle est elle aussi - elle m'a
semblé juste anecdotique. Une bouteille de gaz sous pression comme arme pour ouvrir les portes (et tuer éventuellement), c'est la seule maigre originalité. Il semble que l'acteur ait plu, avec sa
coupe de cheveux invraisemblable et sa voix grave et mielleuse. Je l'ai trouvé blaffard et soporiphique.
La troisième piste, c'est celle du sheriff dépassé par les événements. Un "oldtimer" nostalgique des anciens "oldtimers", comme il dit, qui embourbe l'action dans un
passéisme bêbête ("comment c'était mieux dans le temps, les gens !") et accumule les scènes inutiles à l'action (en particulier celle de la rencontre avortée avec le tueur) et les dialogues
inutiles à la compréhension du film (en particulier le coup tellement convenu du rêve final).
Le problème de ces trois pistes, c'est que prises séparément, elles ne sont guère intéressante, sauf à jouir d'un scénario original et d'une réalisation inspirées.
Mélangée ensemble, elles se marchent sur les pieds et s'empêchent l'une et l'autre d'avancer (la caméra, par exemple, a une espèce de point de vue transcendant, s'attachant tantôt à l'une,
tantôt à l'autre des pistes, que rien d'autre ne justifie ses choix que la recherche d'"effets").
Au final, c'est comme si la crainte de faire trois fois plus de "déjà vu" que dans un film de genre classique avait amené les réalisateurs à tout saborder, à ne rien
pousser à bout, à rester dans l'inconsistance de style, de peur que l'inconsistance de contenue soit trop voyante.
Mais à ce petit jeu, on obtient un film terne, pâlichon, dont les scènes de violence sont terriblement ringardes, qui, de chemins qui ne mènent nulle part en chemins
qui ne mènent nulle part, n'arrive à mon avis à n'imposer ni un style, ni une originalité, mais une pesante et banale insignifiance.
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