REALISATEUR : William Wyler
ACTEURS : Gregory Peck, Audrey Hepburn...
DUREE : 1h59'
Une jeune princesse en voyage officiel, lassée par ses devoirs diplomatiques, s'échappe un soir et se fait héberger par un journaliste
qui, sans qu'elle le sache, compte bien faire de cette fugue le reportage de sa vie...
Un étrange film de princesse dans lequel, justement, la princesse abandonne les belles robes et les belles coiffures pour une coupe garçonne et une vespa ; une étrange
histoire d'amour à la fin de laquelle les deux héros se quittent sans s'être donné plus qu'un baiser...
Mais surtout, une grande journée de bonheur qui repose intégralement sur le mensonge et la tromperie, puisque la princesse n'aura jamais avoué qui elle est ; ni le
journaliste ce qu'il comptait faire.
Et pourtant c'est une histoire de bonheur sans aucune faille, sans aucun scrupule, sans aucun vrai regret, en tout cas une histoire qui comble le spectateur puisqu'elle
raconte une relation, une liaison même, éphémère, impossible, truquée, et pourtant totale, dans la mesure même où elle va au-delà de l'éphémère, de l'impossible et du truqué.
Ce qui donne toute sa consistance à ces quelques heures de liberté à deux, c'est justement leur caractère totalement imprévisible, improbable, et du coup presque trop beau pour
être vrai : un rêve, donc. La princesse a l'inconscience de rêver que la vie dans la rue est un bonheur de tous les instants, et la vie dans la rue devient pour elle un bonheur de tous les
instants. Le journaliste rentre chez lui avec son dernier billet en poche rêvant de scoop et d'amour, et il croise le plus grand scoop imaginable de sa carrière qui se jette dans ses bras et
s'invite dans son lit.
Alors pour rendre vraisemblable l'invraisemblable, il y a une atmosphère, une ambiance, un "air" dans lequel le princier peut côtoyer le trottoir sous le même soleil,
avec la même évidence : Rome. Comme un génie qui rendrait possible tous les voeux, c'est Rome qui exauce les voeux des deux amoureux impossibles, qui les fait se rencontrer, qui les
empêche tant qu'il le peut de se quitter.
Quand l'amour aurait dû être impossible, et qu'une ville vous l'offre le temps d'un clignement d'oeil et d'un battement de coeur, peu importe qu'il soit bref, peu importe
qu'on se mente et qu'on s'invente un personnage, peu importe qu'on reste infiniment pudique, peu importent toutes les mesquineries qui font les amours mécaniques et les plaisirs qui font les
relations préfabriquées... puisque seuls comptent le vent, la couleur des pierres, le goût d'une glace, un regard, un sourire, et le sentiment sans égal - un instant - d'une liberté vécue à
deux.
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