REALISATEUR : Marc Caro
ACTEURS : Lambert Wilson, Linh Dan Pham...
DUREE : 1h28'
Dans un vaisseau-prison en forme de crucifix, des détenus sont volontaires pour subir des tests bio-technologiques. Un nouveau prisionnier arrive et guérit ses
co-détenus en avalant d'étranges poulpes visqueux dans d'horribles souffrances, pendant qu'une scientifique leur inocule des virus géométriques...
Que dire de ce film qui semble infiniment long quoi qu'il soit court, infiniment esthétique quoi qu'il soit laid, infiniment intelligent quoi qu'il soit absurde,
infiniment mystique quoi qu'il soit d'une totale platitude ? Beaucoup de bruit pour rien...
Quelqu'un qui n'aurait vu ni 2001 A Space Odissey, ni Solaris, ni Alien, pourrait peut-être y trouyer un peu d'originalité, voire
d'audace. Mais quelqu'un qui a vu ces trois films se demande ce qu'il vient faire dans cette pseudo méditation cosmique, ou le temps n'en fini pas de durer, et où des décors très moches abritent
des personnes et des bestioles très moches.
Une musique assomante est relayée par des voix monocordes récitant bêtement un texte assez niais, avec des accents invraisemblables et une diction désespérante. Quant à
l'acteur principal qui ne dit, sauf erreur, que "La Lumièèèèère", il doit se contenter de grimacer, de hurler, de vomir pour être expressif.
On peut s'occuper un bon moment à chercher la raison d'être d'un tel film, ce qui a pu pousser quelqu'un à y croire, si tant est que quelqu'un y a cru. Une
réflexion sur le salut ? L'opposition entre la médecine et la thaumaturgie ? La médecine qui utilise des cobayes humains pour améliorer ses techniques de plus en plus sophistiquées, par
opposition au sauveur qui, par sa seule souffrance, guérit l'Autre en prenant sur Lui son mal ?
Ou, pour pousser juste un peu plus loin, la techno-médecine qui manipule les rejetés de la sociétés - dont le seul service qu'ils peuvent lui rendre est
d'expérimenter les traitements qui pourront sauver les honnêtes gens - face au Saint qui ne regarde pas la personne, mais voit dans chacun, même dans son ennemi, même dans son assassin,
l'âme à sauver. Dans les cercles de Dante, on aurait donc la scientifique qui irait s'engouffrer dans les flammes de l'enfer à cause des programmations suicidaires de l'informaticien, tandis que
le reste de l'équipage - ceux qui ont fini par croire aux miracles, sortant du purgatoire, pourrait s'acheminer vers un nouveau paradis...
Mais cette idée - si c'en est une et si c'est bien celle du film - est cachée, défigurée, maltraitée sous trop de laideur, d'ennui, d'à-peu-près et d'indigence pour
rendre quoi que ce soit de ce film intéressant.
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