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  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

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BONJOUR A TOUS ET A TOUTES !..

     Bienvenue sur mon petit blog !

     Vous y trouverez des articles sur les films que je suis allée voir, mes tops, mes bofs et mes flops !... Si vous n'êtes pas d'accord, c'est le moment d'y laisser un petit commentaire pour alimenter la discussion !

     Pour chercher un film, le plus simple est d'utiliser la page d'
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     Si vous avez des commentaires généraux sur le contenu ou la mise en page, ou si vous voulez seulement venir me dire bonjour, vous pouvez utiliser la commande
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     Gros bisous et bonne promenade,
Pénélope
.

Mardi 29 janvier 2008

country.jpg

REALISATEURS : Joël & Ethan Coen
ACTEURS : Tommy Lee Jones, Javier Bardem...
DUREE : 2h02'




     Au Texas, dans les années 80, un chasseur découvre, près du lieu d'un traffic de drogue qui a mal tourné, une malette remplie de coupures de 100$. Il sera pourchassé par un tueur sans pitié tandis que le vieux sheriff constatera son impuissance à y comprendre quoi que ce soit...

     Beaucoup de pistes, et pas une seule qui semble traitée comme il faut et tenir la route. D'où l'impression que j'ai eue d'un film brouillon, maladroit, bancal, long et inutile. Assez prétentieux aussi, dans la mesure où il semble nous dire que chacune des pistes qu'il ouvre est géniale, alors qu'il se montre incapable de les suivre vraiment.
     La première piste, c'est celle du trésor empoissonné. Une malette pleine de billets, mais qui va attirer les pires ennuis à celui qui s'imagine avoir trouvé - grâce à elle - le bonheur tranquille et facile. Outre qu'elle est passablement banale, cette piste s'évente vite, étant presque tout de suite court-circuité par la suivante - celle du tueur sans pitié - lequel ne semble pas tant intéressé que ça par la valise et son contenu. Du reste à la fin - sauf erreur de ma part - on ne sait guère ce qu'elle est devenue.
     La deuxième piste, donc, celle du tueur sans pitié, est à mon avis la plus inconsistante. Elle aurait pu être effrayante - toute banale qu'elle est elle aussi - elle m'a semblé juste anecdotique. Une bouteille de gaz sous pression comme arme pour ouvrir les portes (et tuer éventuellement), c'est la seule maigre originalité. Il semble que l'acteur ait plu, avec sa coupe de cheveux invraisemblable et sa voix grave et mielleuse. Je l'ai trouvé blaffard et soporiphique.
     La troisième piste, c'est celle du sheriff dépassé par les événements. Un "oldtimer" nostalgique des anciens "oldtimers", comme il dit, qui embourbe l'action dans un passéisme bêbête ("comment c'était mieux dans le temps, les gens !") et accumule les scènes inutiles à l'action (en particulier celle de la rencontre avortée avec le tueur) et les dialogues inutiles à la compréhension du film (en particulier le coup tellement convenu du rêve final).
     Le problème de ces trois pistes, c'est que prises séparément, elles ne sont guère intéressante, sauf à jouir d'un scénario original et d'une réalisation inspirées. Mélangée ensemble, elles se marchent sur les pieds et s'empêchent l'une et l'autre d'avancer (la caméra, par exemple, a une espèce de point de vue transcendant, s'attachant tantôt à l'une, tantôt à l'autre des pistes, que rien d'autre ne justifie ses choix que la recherche d'"effets").
     Au final, c'est comme si la crainte de faire trois fois plus de "déjà vu" que dans un film de genre classique avait amené les réalisateurs à tout saborder, à ne rien pousser à bout, à rester dans l'inconsistance de style, de peur que l'inconsistance de contenue soit trop voyante.
     Mais à ce petit jeu, on obtient un film terne, pâlichon, dont les scènes de violence sont terriblement ringardes, qui, de chemins qui ne mènent nulle part en chemins qui ne mènent nulle part, n'arrive à mon avis à n'imposer ni un style, ni une originalité, mais une pesante et banale insignifiance.
    

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Flops communauté : ciné-blogs
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Lundi 28 janvier 2008
live.jpgREALISATEUR : Bill Guttentag
ACTEURS : Eva Mendes, David Krumholtz...
DUREE : 1h36'



     La responsable des programmes d'une chaîne de télévision se lance dans une émission-scandale proposant à des volontaires de risquer leur vie à la roulette russe pour 5 millions de dollars. Un caméraman suit toutes les étapes de la conception du programme jusqu'au grand soir...

     On se pose parfois les mauvaises questions, ou en tout cas des questions qui amènent forcément de mauvaises réponses. Ici, par exemple, une question sur la responsabilité qui revient, de scènes en scènes, tout au long du film. Un jeune homme qui croit croire en la vie la risque pour 5 millions de dollars et meurt devant des dixaines de millions de télespectateurs. A qui la faute ?
     Et c'est là que commence le ballet des décharges de responsabilités. La directrice des programmes, ambitieuse et tenace, qui est prête à tout pour attirer un maximum d'audience, même à une heure du matin ? Elle ne fait pourtant - c'est son principal argument, et il est loin d'être fumeux - que suivre le goût du jour, l'attente des spectateurs, la demande générale, la tendance, la mode.
   Le juriste qui choisit le camp de l'audace et de la modernité en plaidant pour le show au lieu d'en dénoncer l'immoralité ? Mais il ne se situe pas dans la moralité. Il ne décide pas si c'est bien ou mal, édifiant ou inacceptable, il se situe dans la légalité : or les législateurs ne sont pas des moralistes. Ils sont bien obligés de composer avec la réalité sociale, et, trop sévères ici, trop laxistes là, eux aussi, se voient commander leur appréciation du légal ou de l'illégal par la force écrasante du "goût du jour".
     Les candidats, ceux qui ont accepté de se prêter au jeu, qui sont prêt à risquer leur vie pour vivre mieux, prêts à exhiber leur mort, à vendre leur survie au hasard, à livrer leur âme aux caméras, à tout espérer non pas d'eux-mêmes mais de leur image, de leur pantin télévisuel qu'on va agiter devant des millions d'yeux ? Mais là encore, les candidats n'existeraient pas s'il n'y avait pas des yeux pour les faire exister, et au moment où ils se retrouvent seul à seul dans le "canon", on sent bien que c'est le regard des autres, et non eux-mêmes, qui les a amenés là.
     Le public alors, qui cautionne en regardant, qui réclame, avide, curieux, et qui par une force qu'il ne soupçonne même pas, amène peu à peu la télévision à lui montrer exactement ce qu'il attend qu'elle lui montre ? Car le mot est prononcé dans le film, pour être nié, et qui pourtant décrit au mieux le public : le public est obscène, définitivement, et l'aspect commercial des choses n'est en fait que le moyen qu'il a trouvé pour imposer à la télévision d'assouvir chaque jour un peu plus son absolue obscénité. Car le public n'est pas manipulé par la télévision et par la publicité. C'est lui qui les manipule et qui en fait - peu à peu - ce qu'il en veut.
     A lui la faute alors ? Mais "le public" n'existe pas. On ne peut pas condamner "le public". "Le public" est une force immatérielle qui est composée d'une multitude de personnes dont aucune n'est en particulier "le public". Ou alors, "le public", c'est l'homme, mais non pas tel ou tel homme, ici et maintenant, mais ce qu'il y a de plus sourd, de plus profond, de plus universellement partagé entre tous les hommes, et qui se révèle sitôt que c'est la foule qui fait la loi. La méchanceté, la peur, la sottise, le plaisir libératoire de voir l'autre souffrir à sa place, l'indécence, la barbarie, et comme je le disais tout à l'heure, parce qu'à mon avis cela résume tout : l'obscénité.
     Et pourtant chaque candidat représentait un espoir : l'ascension sociale, la reconnaissance sociale, le respect de la tradition familiale,
le travail intellectuel, le sport, l'engagement artistiques, autant de voix qui auraient pu mener à la construction de soi et qui sont rattrapées, de plein fouet, par l'immémoriale obscénité qui se réjouit moins de les voir réussir qu'elle ne prend de plaisir à voir exposer leur mort sur l'arène.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Tops communauté : Vos critiques de cinéma
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Samedi 26 janvier 2008
punishment.jpgREALISATEUR : Peter Watkins
ACTEURS : Mark Keats, Kent Foreman...
DUREE : 1h28'




     En 1970 au Etats-Unis les jeunes contestataires, après des jugements expéditifs, étaient envoyés dans des "Punishment Park" désertiques (ici à San Bernardino) où ils se faisaient courser par des unités anti-émeute jusqu'à atteindre un drapeau américain... Une équipe de télévision européenne a pu suivre un de ces procès et une de ces traques...

    Une heure et demie d'hystérie collective, de violences verbales et physiques, verbales lors du procès - ou au moins de la mascarade de procès -, physiques lors de la chasse à l'homme.
     Mais la violence, avant toute chose, vient du style de Peter Watkins, ce style qui semble mettre les acteurs en conditions, les chauffer à la blanc, les pousser peu à peu au-delà de leur limite pour créer réellement - sur le "plateau" - cette panique agressive contagieuse et terrorisante. Je pense par exemple au face à face entre la jeune chanteuse contestataire et la femme socialement installée, lesquelles se transforment peu à peu en deux furies, écumantes de haine l'une pour l'autre, sous l'oeil jubilatoire de la caméra.
     Car il n'y a pas ici des bons et des mauvais, il y a une situation, un contexte, une atmosphère qui est intrinsèquement mauvais et liberticide, et qui prend tous les hommes au piège, aussi bien ceux qui jouent son jeu que ceux qui le contestent. Et c'est cette situation que le film condamne en montrant, en manifestant qu'elle est créatrice de tensions, d'affrontement, de violence, de haine, de folie.
     Le fait que la caméra ne soit pas un oeil extérieur, surtout dans les scènes de la traque, mais une présence à part entière, incarnée, renforce l'effet de présence du spectateur dans cette hystérie. Le film ne pouvait pas être un film cachant une équipe de tournage derrière l'artifice de la caméra. Il fallait que le caméraman lui-même - comme le spectateur - risque sa peau, risque sa santé mentale.
     C'est pourquoi l'"effet documentaire" n'a pas pour but de faire croire que ce que l'on voit est vrai, car la distinction vérité fiction est toujours fausse et inutile. Il a pour but de prendre le spectateur en otage et de le plaquer, des deux épaules, dans la furie du film, dans cet univers détraqué où l'on cherche désespérément une autre voie qu'être pour ou qu'être contre, en vain, car il faut prendre partie, car on est, quoi qu'on veuille, "embarqué".
     Et puis, pour élargir la leçon du film, il y a cette allégorie de toute vie qui serait une condamnation à un Punishment Park, manipulés par des faiseurs de bien et de mal qui nous font miroiter le bonheur sous les traits d'un drapeau ridicule qu'il faudrait à tout prix atteindre. Mais au bout de la traque, même lorsqu'elle a été menée à bien, il n'y a rien. Les juges et les sentinelles sont des menteurs. Ils n'ont aucun salut à promettre. Le jeu finit toujours sans récompense.
par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes DiViDi communauté : Cinéma
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Vendredi 25 janvier 2008

clown.jpgREALISATEUR : Lee Jun-ik
ACTEURS : Woo-seong Kam, Jin-yeong Jeong...
DUREE : 2h00'




    Dans la Corée du XVIème siècle, deux comédiens se retrouvent au palais du roi avec comme obligation de le divertir. L'un excelle à railler les vices de la cour, tandis que l'autre, aux mystérieux traits androgynes, captive de plus en plus le regard du roi...

     Un drame comme on en a chez Shakespeare, avec son ancrage historique, ses scènes de farce, ses scènes sentimentales, ses scènes de foule, sa raillerie des fausses grandeurs du monde, sa vision réaliste des hommes, sa sagesse, sa poésie, sa réflexion, à l'intérieur du théâtre, sur le théâtre.
     Mais avant tout un spectacle, offert généreusement au spectateur, et à ses yeux avant tout. Spectacle de couleurs, de mouvements, de visages. Cinq visages qui sont autre chose que des visages, des archétypes : l'un des comédiens, Jang-seng, visage du théâtre farcesque qui fait rire et réfléchir, miroir du monde extérieur et de ses contradictions ; l'autre, Gong-gil, visage du théâtre séducteur qui fait pleurer et s'émouvoir, miroir du monde intérieur et de ses tiraillements. Le roi, visage de l'autorité avec ses mille failles, ses mille fragilités, ses abus et ses manquements. La favorite et son visage de beauté sophistiquée, beauté fière, orgueilleuse, exigeante, jalouse jusqu'à la méchanceté. Le conseiller enfin, et son visage de sagesse, jamais parfaite, jamais sans compromission, jamais récompensée.
     L'histoire n'est alors à mon avis qu'un pretexte à mettre en scène un hymne aux pouvoirs du théâtre. Et non pas du grand théâtre, des grandes tirades, des grands mythes et des vers impeccables. Le théâtre du monde, de la rue, de la foule. Le théâtre des bassesses du monde, montrant la pute du roi s'évantant l'arrière train en chiant comme un cheval pendant que le roi pisse à grand flots. Le théâtre de la vie, donc. Le théâtre de la réalité. Le théâtre de la vérité.
     Ces pouvoirs sont simples : en représentant les choses que l'homme ne sait plus voir, ou celles qu'il ne veut pas voir, le théâtre est une machine effroyable de clairvoyance, face à laquelle l'homme, pétri d'hypocrisies, de déguisements et de mensonges, se retrouve mis à nu. A la fois révélateur de la vérité et présence de la vérité elle-même, comme dans la scène de la représentation du crime de la Mère où le roi vit enfin son cauchemar intime en même temps qu'il cherche à le révéler à tous.
     Le théâtre - ce théâtre au moins - est dangereux, c'est la leçon du film. Il est dangereux aussi bien quand il fait rire que quand il séduit. Car sa vérité comme sa séduction ont quelque chose d'inhumain. De sorte qu'il est systématiquement - et c'est une des répliques qui a le plus emporté le rire nerveux de toute la salle - porteur de mort. Jang-seng, par sa clairvoyance et sa bonté, son caractère protecteur et sain, est inhumain. Gong-gil, par sa beauté endrogyne indéfinissable, sa séduction langoureuse et hypnotisante, est inhumain. Aussi dans la dernière image, lorsque sous eux la réalité reprend ses droits sur la vérité, sont-ils - eux - déjà dans le ciel.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Tops communauté : ciné-blogs
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Jeudi 24 janvier 2008

vacances.jpgREALISATEUR : William Wyler
ACTEURS : Gregory Peck, Audrey Hepburn...
DUREE : 1h59'


 

     Une jeune princesse en voyage officiel, lassée par ses devoirs diplomatiques, s'échappe un soir et se fait héberger par un journaliste qui, sans qu'elle le sache, compte bien faire de cette fugue le reportage de sa vie...

     Un étrange film de princesse dans lequel, justement, la princesse abandonne les belles robes et les belles coiffures pour une coupe garçonne et une vespa ; une étrange histoire d'amour à la fin de laquelle les deux héros se quittent sans s'être donné plus qu'un baiser...
     Mais surtout, une grande journée de bonheur qui repose intégralement sur le mensonge et la tromperie, puisque la princesse n'aura jamais avoué qui elle est ; ni le journaliste ce qu'il comptait faire.
     Et pourtant c'est une histoire de bonheur sans aucune faille, sans aucun scrupule, sans aucun vrai regret, en tout cas une histoire qui comble le spectateur puisqu'elle raconte une relation, une liaison même, éphémère, impossible, truquée, et pourtant totale, dans la mesure même où elle va au-delà de l'éphémère, de l'impossible et du truqué.
    Ce qui donne toute sa consistance à ces quelques heures de liberté à deux, c'est justement leur caractère totalement imprévisible, improbable, et du coup presque trop beau pour être vrai : un rêve, donc. La princesse a l'inconscience de rêver que la vie dans la rue est un bonheur de tous les instants, et la vie dans la rue devient pour elle un bonheur de tous les instants. Le journaliste rentre chez lui avec son dernier billet en poche rêvant de scoop et d'amour, et il croise le plus grand scoop imaginable de sa carrière qui se jette dans ses bras et s'invite dans son lit.
     Alors pour rendre vraisemblable l'invraisemblable, il y a une atmosphère, une ambiance, un "air" dans lequel le princier peut côtoyer le trottoir sous le même soleil, avec la même évidence : Rome. Comme un génie qui rendrait possible tous les voeux, c'est Rome qui exauce les voeux des deux amoureux impossibles, qui les fait se rencontrer, qui les empêche tant qu'il le peut de se quitter.
     Quand l'amour aurait dû être impossible, et qu'une ville vous l'offre le temps d'un clignement d'oeil et d'un battement de coeur, peu importe qu'il soit bref, peu importe qu'on se mente et qu'on s'invente un personnage, peu importe qu'on reste infiniment pudique, peu importent toutes les mesquineries qui font les amours mécaniques et les plaisirs qui font les relations préfabriquées... puisque seuls comptent le vent, la couleur des pierres, le goût d'une glace, un regard, un sourire, et le sentiment sans égal - un instant - d'une liberté vécue à deux.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes DiViDi
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