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Bienvenue sur mon petit blog ! |
TITRE : TOKYO !
TITRES SECONDAIRES : Interior Design ; Merde ;
Shaking Tokyo
REALISATEURS : Michel Gondry, Leos Carax, Bong Joon-Ho
ACTEURS : Ayako Fujitani, Denis Lavant...
DUREE : 1h45'
Une jeune japonaise s'installe en couple à Tokyo chez une amie, en
attendant de trouver un emploi et un logement... Un homme repoussant erre dans les rues de la ville et terrorise la population tokyote... Un reclus maniaco-dépressif découvre tout à coup que le
monde extérieur existe...
Je ne suis jamais allée à Tokyo, et je n'ai - bizarrement - aucune "image" de cette ville. Pas de Tour Eiffel, par d'Empire State Building, pas de porte de Brandebourg,
de Place Rouge ou de Cité Interdite. Juste une impression de ville hermétique, surpopulée, laide mais fascinante, peuplées d'hommes en costume cravate et de fille en jaune citron, vert pomme et
rose bonbon.
L'intérêt de ces trois court-métrages est de nous plonger non pas dans la ville mais dans le quotidien des tokyotes, ou mieux, de nous donner quelques facettes de leurs
personnalités. Les jeunes qui découvrent l'anonymal de la mégapole, les marginaux qui se font immédiatement détruire, les solitaires pour lesquels Tokyo est une ville de 30m².
L'ensemble des trois films est très intéressant, présentant trois facettes du mal vivre et de l'inadaptation dans une ville salle et chère, intransigeante et inhumaine.
Et malgré cela assez fascinante, dans la mesure où le spectateur en est lui-même exclu, partageant le sors de trois personnages que la ville refuse, et, comme toujours, ce qui exclut fascine.
Des trois, celui de Leos Carax (même s'il a sa place dans l'ensemble) est celui qui m'a le moins plu, non pas par le thème (la xénophobie légendaire de la ville, son
aspiration à la pureté) que par la manière dont il est traité, en particulier l'interminable procès, dont la caricature est trop simple pour être aussi longue, avec cette langue stupide et cet
avocat ridicule.Et puis franchement, avec la meilleure volonté, difficile d'adopter la Merde-Attitude...
Le premier, Interior Design est le plus touristique, même s'il montre un Tokyo tout sauf touristique. Il nous plonge dans la vie quotidienne d'un jeune couple
qui tente de s'en sortir dans la grande ville et qui affronte tout : espoirs artistiques, logements miteux, petits boulots, contraventions, promiscuité, jusqu'à ce que la fille se sente tellement
inutile en tant qu'être humain, qu'elle gagne son utilité en tant qu'objet. La transformation, extraordinaire, est une angoissante métaphore de la femme-objet-utilitaire, discrète, effacée,
efficace, et y trouvant - finalement - son compte.
Mais le
plus fascinant des trois reste cette improbable histoire d'amour, rythmée par les tremblements de terre de la ville, qui amène dans l'univers maniaquement parfait d'un jeune "hikikomori" une
étrangère, livreuse de pizzas, ambassadrice du monde extérieur, de laquelle, immédiatement, il tombe amoureux. La foule est une machine à fabriquer des solitaire. Les mégapoles aussi. C'est ce
que l'homme découvrira lorsqu'enfin il osera sortir et qu'il se sentira prêt à affronter le monde et les autres : il n'est pas seul à être seul...
TITRE : TROPIC THUNDER
De toute façon il est impossible de rien prendre au
sérieux. Et les bande-annonces du début, débilissimes mais nous renvoyant à l'époque des Kentucky Fried Movie et autres Amazon Women on the Moon sont tellement grosses et
lourdes que tous les grincheux sont forcément déjà sortis de la salle quand le film commence !
TITRE : ENTRE LES MURS
Pour autant, c'est évident que ce film est
important, au moins par les questions qu'il pose sans y répondre, ou même par les questions qu'il refuse de poser.
TITRE : THE HOUSE BUNNY
REALISATEUR : Fred Wolf
ACTRICES : Anna Faris, Emma Stone...
DUREE : 1h37'
Chassée du Play Boy Mansion par une pensionnaire fourbe et
jalouse, Shelley - qui rêvait de faire la double page du prochain calendrier - se retrouve marraine du plus ringard et coincé des pavillons universitaires. Elle va remettre les choses
en place...
C'est la première fois de l'année que j'ai envie de revoir un film aussitôt après l'avoir vu. Mais The House Bunny (que j'attendais depuis Smiley Face) est tellement jubilatoire, qu'on a forcément envie - quand on aime - d'en redemander.
D'abord la trame est rigolote, elle nous fait pénétrer dans deux mondes particulièrement contrastés, celui du Manoir de Hugh Hefner (dans son propre rôle) et celui d'un
pavillon de résidence universitaire qui peine à attirer de nouvelles recrues, et on comprend pourquoi.
Petit panel d'étudiantes à la fois malheureuses en cours et dans la rue, qu'elles aient une malencontreuse disgrâce soit physique (la petite, la grande, la corsetée, la
fille enceinte...) soit mentale (la super-timide, la rebelle, la déjantée... cette dernière interprétée par Emma Stone, totalement génialissime dans ses tirades surréalistes).
Au milieu de ce petit monde attachant mais qui en réalité ne plait à personne, débarque la Bunny dans toute son horreur : bête, blondissime, sexy vulgaire et provocante,
irresponsable, naïve, superficielle, qui se transforme en un coatch improbable pour sauver le pavillon Zeta de sa crise de dépopulation.
Evidemment, on s'aperçoit vite que la blonde n'est pas si bête et que du haut de ses platform shoes, elle a du sens pratique, de l'initiative, de la motivation,
de la ténacité, de l'ambition, une bonne humeur, une bonne volonté, un dynamisme désarmant qui en fait une figure à la fois maternelle et sororale (la mère et la petite soeur à la fois) qui donne
envie de passer ses vacances avec elle !
Sur cette trame se succèdent une avalanche de petites péripéties ponctuées de gags souvent hilarants. Parmi mes passages préférés, l'improbable soirée aztèque décorée de
têtes de l'Ile de Pâques avec sa vierge sacrifiée, où encore la méthode mnémotechnique imparable d'Anna Faris pour se souvenir des prénoms... Quant à la métamorphose des disgracieuses
pensionnaires, elle vaut le séjour !
Mais finalement, qu'est-ce qu'on peut retenir de toute cette aimable aventure ? Pour ma part, j'y ai vu l'illustration que les handicaps ne sont pas toujours où on
croit, ou plutôt qu'ils sont terriblement bien répartis entre les personnes.
Bien sûr être cultivée, quelconque physiquement et mal habillée peut être (pour certains) un handicap, comme porter un corset métallique ou ne pas oser parler en société.
Mais à en croire la morale de l'histoire, être un garçon est aussi un sacré handicap, être blonde, avec une belle poitrine, être riche et bien élevée, être belle, être coquette, être ambitieuse
et prétentieuses, tout autant de qualités qui - au fond - ont leurs gros défauts.
Car la seule vraie qualité, celle qui n'est ni égoïste, ni arrogante, ni trompeuse, ni manipulatrice, c'est la convivialité, le sens de l'accueil, du partage, de la bienvenue, ce "bien être ensemble" honnête et franc, cette confiance mutuelle et sans faille qui est - finalement - l'arme réelle du pavillon "Zeta".
TITRE : VYNIAN
REALISATEUR : Fabrice Du Welz
ACTEURS : Emmanuelle Béart, Rufus Sewell...
DUREE : 1h40'
En regardant un document tourné par un organisme humanitaire, une femme croit reconnaître son fils, emporté par le ras-de-marée de 2005. Elle décide alors avec son mari, coûte que coûte, d'aller le retrouver...
L'idée de départ du film n'est pas très originale, mais le cadre dans lequel
elle se déroule (le souvenir du ras-de-marée de 2005) est suffisamment grave pour ne pas en faire une histoire anecdotique.
Pourtant, rien ne rend cette histoire profonde, et rien ne la rend attachante. Tout semble prétexte à "faire des images", et le spectateur est conduit cahotiquement dans
un méli-mélo sans queue ni tête, particulièrement déplaisant et irrespéctueux.
Tout commence d'ailleurs par un générique très prétentieux (des lettres énormes qui agressent le spectateur) et une évocation quasi-abstraite du ras-de-marée,
esthétisante, et finalement assez ridicule par son "cut" final.
Ensuite, la caméra s'attache au personnage assez antipathique d'Emmanuelle Béart en prenant le moindre prétexte pour s'attarder dans des séquences onirico-psychédéliques
pesantes et qui, en cherchant à "noyer" le spectateur, ne font que l'exclure.
La pire étant la scène où l'actrice se jette à l'eau pour tenter de rejoindre le bateau qui a fuit, la caméra plongeant et sortant sans cesse, dans un tohu-bohu énervant,
et totalement inutile aussi bien pour l'action (qui est simplissime) que pour la psychologie des personnages (qui est simplissime aussi).
Mais ce n'est pas tout. Partant sur une base d'enquête, de recherche, annonçant péripéties et difficultés, le film abandonne rapidement ce genre pour bifurquer sans
préavis dans le fantastique et même dans le gore. La progression étant mal amenée, ce changement de piste rend le film bancal et les scènes finales risibles.
C'est d'autant plus dommage que le thème de "limbes", figuré par ce temple des enfants mi-morts mi-survivants aurait pu donner lieu à quelque chose de fascinant s'il
n'avait été traité avec autant d'infatuation pour rien. Je pense par exemple à un mouvement démentiel de caméra à l'arrivée dans le temple qui n'est qu'une prouesse, une virtuosité, une
esbrouffe, une manière de se faire plaisir qui lasse vite le spectateur.
L'imagine finale, interminable, de la "mère retrouvée"
palpée par les orphelins d'outre-tombe laisse imaginer ce que le film aurait pu être si le réalisateur avait été un peu plus ambitieux, un peu plus respectueux du drame qu'il abordait, un peu plus
respectueux de son public, au lieu de se complaire dans un nombrilisme vide et exaspérant.
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