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  • : Pénélope Lemarchand
  • : Célibataire
  • : 21/01/1988

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BONJOUR A TOUS ET A TOUTES !..

     Bienvenue sur mon petit blog !

     Vous y trouverez des articles sur les films que je suis allée voir, mes tops, mes bofs et mes flops !... Si vous n'êtes pas d'accord, c'est le moment d'y laisser un petit commentaire pour alimenter la discussion !

     Pour chercher un film, le plus simple est d'utiliser la page d'
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     Si vous avez des commentaires généraux sur le contenu ou la mise en page, ou si vous voulez seulement venir me dire bonjour, vous pouvez utiliser la commande
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     Gros bisous et bonne promenade,
Pénélope
.

Vendredi 29 février 2008
02-quiet.jpgTITRE : A little piece and quiet
REALISATEUR : Wes Craven
ACTEURS : Melinda Dillon...


     Une mère de famille excédée par le bruit que font ses enfants, ses appareils ménagers, et le voisin qui jardine découvre par hasard un médaillon magique. Il suffit qu'elle crie "SHUT UP !" pour que le temps s'arrête, que tout se fige dans l'immobilité, sauf elle, bien sûr.
     Un peu impressionnée au début par ce pouvoir inattendu, elle en tire rapidement son parti... jusqu'à ce que les événements politiques l'obligent à prendre très au sérieux son pouvoir.
     L'idée de stopper le temps autour de nous, comme si nous avions une télécommande et que le déroulement du monde puisse se mettre sur "pause" n'est pas la plus originale du monde. Mais comme ici, au moins au début, elle est traitée avec beaucoup de légèreté, on n'a pas l'impression d'être dans du "déjà vu" : la scène dans le supermarché (querelle avec une cliente sur une boîte de corn flakes dont elle parvient à s'emparer grâce à un "SHUT UP !" bien placé... client athlétique dont elle se permet, puisqu'il est totalement immobile, de lui pincer (très discrètement quand même) les fesses^^) est vraiment rigolote, et du coup c'est un film comme Cash Back qui prend retrospectivement un coup de "déjà vu"...
     Mais tout change quand le climat bascule de la farce fantastique au film catastrophe, puisque la télévision annonce l'imminence d'une guerre nucléaire. Cette fois le "SHUT UP !" magique est la seule solution pour que Penny préserve la vie de ses proches, de tous les hommes, et la sienne. Elle crie. Le monde se fige et le missile nucléaire reste en suspend sans le ciel. Elle se promène, hagarde, dans les rues immobilisées de la ville, sachant que si elle libère à nouveau le temps, c'est pour entraîner l'apocalypse.
     Etrangement, cette fin laisse imaginer combien un pouvoir extraordinaire, toujour très plaisant au début, finit par isoler, marginaliser, et couper celui qui le possède du cours normal des choses, c'est à dire de la vraie vie.

par Pénélope Lemarchand publié dans : The Twilight Zone communauté : ciné-blogs
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Jeudi 28 février 2008

cahier.jpgREALISATRICE : Hana Makhmalbaf
ACTEURS : Nikbakht Noruz, Abdolali Hoseinali...
DUREE : 1h21'


     A l'ombre d'un grand Bouddha détruit par les ttlba, une fillette, lassée d'entendre son petit voisin réciter les lettres de l'alphabet et émerveillée par les histoires qu'il apprend à lire, se rend à l'école avec lui, munie d'un cahier et d'un tube de rouge à lèvre...

     Dans un décor incroyable qui porte la marque de l'intransigeance des ttlba et qui donne son titre au film, on suit dans ce film l'"odyssée minuscule" d'une petite fille qui veut à tout prix aller à l'école pour connaître les lettre de l'alphabet et apprendre des histoires de dates et de courges qui tombent sur la tête d'un pauvre homme.
     La pérégrination de Baktay pour acheter son cahier d'abord, puis pour se rendre à l'école et enfin pour rentrer chez elle montre - selon moi - la part d'adulte qu'il peut y avoir dans chaque enfant. Que ce soit la curiosité, la débrouillardise, l'astuce, la tenacité, l'obstination, le sens pratique, et cette intuition qui lui dicte que la maîtrise de l'écrit est une maîtrise de soi-même autant qu'une arme qui peut la rendre autonome et libre. Même si son petit voisin a le pied attaché quand il récite à tue-tête son alphabet et son histoire de courges, elle sent qu'il est plus libre qu'elle car il sait lire lui-même et tout seul. Ceux qui se savent pas lire, d'autres liront à leur place. Comme ceux qui ne savent pas penser, d'autres penseront à leur place.
     D'ailleurs, la leçon est poussée à l'extrème, puisque personne ne voulant finalement lui apprendre les lettres, elle les apprendra toute seule, les jambes ballantes, après avoir troublé l'école de garçons de sa présence féminine, et transformée la classe des fille en salon de maquillage.
     Mais autour de cette odyssée de la petite adulte, il y a le décor, composé essentiellement de l'absence du Bouddha, de la misère, et de la cruauté des autres enfants. L'absence - si éloquente - du Bouddha dans sa niche ancre le film dans une réalité historique et nous rappelle que les images que nous voyons au début et à la fin représentent un fait historique : en mars 2001, les ttlba détruisent à coups d'explosifs et de tirs les deux Bouddhas de Bâmiyân, sculptures monumentales datant du VIème siècle. Mais "plus grand mort que vivant", l'absence du Bouddha dans la grande niche de grès en dit peut-être plus encore que sa présence. Elle dit qu'un homme qui ne respecte pas la croyance de l'autre - ou, même, son incroyance - ne peut pas se dire croyant.
     La misère - ou au moins ce qui à mes yeux ressemble à de la misère - n'est pas non plus un décors innocent. C'est une misère où se côtoient le four à pain traditionnel, le lait en poudre pour le bébé et les tétines en plastiques, les vêtements traditionnels et les tubes de rouge-à-lèvre, et la veste du petit Abbas qui en fait le surréaliste élève d'un Eton afghan.
     Mais le plus frappant bien sûr, dans le décor de l'odyssée de Baktay, ce sont les autres enfants, ceux qui, armés de branches et de poussière, jouent aux soldats, jouent à la mort, jouent à la guerre. Certaines images sont particulièrement frappantes, comme la scène de lapidation dans un trou creusé dans le sol, les sacs en papiers recouvrant les visages des fillettes condamnées, et, bien sûr, cette anti-morale qui achève le film, et par laquelle c'est en "faisant la morte" qu'on est épargnée par la cruauté des hommes.
     Mais il ne faudrait pas croire qu'ici encore les enfants jouent aux adultes ou imitent les adultes. Si c'est bien ce que fait Baktay en décidant d'aller à l'école, ça n'est pas ce que font les enfants en jouant à la guerre. C'est même - à mon avis - tout l'inverse.
     Rien n'est plus primaire, régressif, infantile, immature, puéril, que de jouer et de faire la guerre. La guerre est parfaitement adaptée à l'enfance, à ses angoisses, à sa violence, à sa bêtise, à sa cruauté, à son absence désespérante de recul, de responsabilité, d'intelligence. Ces enfants, donc, nous montrent la part d'enfant qui demeurent - si tenace - en chaque homme.
     Car ce ne sont pas les enfants qui "jouent à la guerre des adultes". Ce sont les adultes qui n'ont pas grandi, qui n'ont pas mûri, et qui continuent à prendre le monde pour une cour de récréation. Sauf qu'avec l'âge, ils ont perdu ce qui sauve l'enfance : le fait que ce n'est qu'un jeu, un exutoire. Et, chez l'homme, quoi qu'il n'ait pas grandi, les branches ne sont plus des branches mais des fusils, et les pierres, des pierres tombant vraiment sur les femmes qui rêvent de lire et d'écrire.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Tops communauté : Cinéma, Cinémaaa
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Mercredi 27 février 2008
jumper.jpgREALISATEUR : Doug Limna
ACTEURS : Hayden Christensen, Samuel L. Jackson...
DUREE : 1h35'


     David Rice découvre un peu tard qu'il est doué d'un don de téléportation : c'est un "jumper". Il découvrira en suite un peu tard que les jumper ont des ennemis : les "paladins". Et puis aussi qu'entre deux jump il est amoureux...

     C'est rigolo, de temps en temps, de voir un film terriblement mauvais, qui prend vraiment et sans aucune honte les spectateurs (et les spectatrices) pour des imbéciles.
     Ici ça marche assez bien : il suffit de quelques minutes pour comprendre qu'on nous prend pour des imbéciles, et que ça sera comme ça jusqu'à la fin.
     Incapable de lancer son histoire correctement, après un inutile flash forward, le réalisateur nous fait le coup de la "voix off" qui se présente à nous, nous explique les choses que les images n'auraient pas du tout suffi à nous faire comprendre.
     Le héros est évidemment un gamin un peu timide et ridicule. Mais attention : il a un pouvoir magique de téléportation. ça fait du bruit, ça abîme un peu le plancher, mais ça lui permet de hop ! se retrouver mieux qu'Obélix sur la tête du sphinx, où face à une vague de 9m, sa planche de surf aux pieds.
     A-t-il envie de passer la nuit avec une élégante londonienne, pas de problème : il se téléporte à Londres, et hop ! passe la nuit avec l'élégante londonienne (grâce à un pouvoir de séduction dont on ne nous avait pas parlé).
     A-t-il envie de jeter un coup d'oeil sur le coffre-fort d'une banque pour pouvoir s'y jumper après et se servir, que hop ! il demande les toilettes à un vigile, qui le fait passer juste devant le coffre-fort de la banque, dont la porte est justement entrouverte à ce moment (grâce à un pouvoir de sacré-coup-de-pot dont on ne nous avait pas non plus parlé).
     A-t-il envie de nous donner une scène anthologique, que hop ! il retrouve huit ans après sa copinette de lycée et qu'il la gratifie d'un dialogue totalement surrealiste dans une scène dont l'invraisemblance et la niaiserie semblent totalement imbattables (grâce à un pouvoir de je-joue-vraiment-comme-un-pied-mais-c'est-pas-grave-car-j'étais-Darth-Vader-dans-Star-Wars dont on ne nous avait toujours pas parlé).
     Je passe sur Samuel L. Jackson et sa perruque blanche, les scènes dont on oublie totalement l'utilité (pourquoi roulent-ils comme des malades à Tokyo ?... un bisou à celui qui me le rappelle !), les personnages inutiles (comme la maman-du-héros), l'amourette niaise... Et le fait que le "héros", finalement, ne soit, malgré ou à cause de son don, qu'un petit voleur égoïste...
     Seul moment que j'ai aimé, l'apparition totalement inattendue de Kristen Stewart, à la fin, qui m'a rappelé la scène que j'avais préférée dans Into The Wild...

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Flops communauté : Vos critiques de cinéma
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Dimanche 24 février 2008

01-shatterday.jpgTITRE : Shatterday
REALISATEUR : Wes Craven
ACTEURS : Bruce Willis...


     Le premier épisode de la première saison raconte l'histoire de Peter Jay Novis, qui découvre un soir, alors qu'il téléphone chez lui, qu'un "double" a pris sa place.
     Comme dans le roman le Double de Dostoïevsky, ce "double" de Peter Jay Novis représente tout ce que le "vrai" Peter Jay Novis n'arrive pas à être.
     En quelques heures, il parvient à remettre de l'ordre dans la vie professionnelle et sentimentale que le "vrai" Peter Jay Novis avait négligée. Ce dernier assiste, totalement impuissant, à son remplacement progressif par ce "double" honnête, intègre, et qui - contrairement à lui - fait tout très bien.
     Reclus dans une chambre d'hôtel pendant que l'autre prend entièrement possession de sa vie, l'"ancien" Peter Jay Novis comprend peu à peu qu'il a perdu, qu'il doit renoncer à être lui-même puisqu'il l'était si mal, et laisse, désespéré, sa vie entre les mains du "nouveau" Peter Jay Novis.
     Cette histoire de dépossession d'un homme quelconque par un homme parfait a quelque chose d'horrible. Comme si devenir meilleur, c'était assassiner l'homme (ou la femme) qu'on était avant. Et en se mettant ici du côté de celui qu'on assassine, on en vient à se demander si, avant tout, il ne faut pas chercher à s'assumer soi-même tel qu'on est, et si détruire ses défauts, ça n'est pas en un certain sens se détruire soi-même... ce qui est une morale tout droit sortie de la Twilight Zone...

par Pénélope Lemarchand publié dans : The Twilight Zone communauté : Ciné DVD
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Samedi 23 février 2008
redacted.jpgREALISATEUR : Brian De Palma
ACTEURS : Kel O'Neill, Ty Jones...
DUREE : 1h30'


     Après avoir conduit une inspection de nuit dans une maison de Samara en Irak, quelques militaires américains retournent sur les lieux pour violer la fille de la famille...

     Il est difficile de parler de Redacted, la fin du film incitant plus à la méditation qu'au bavardage. Le générique défile dans un silence totale. Personne n'ose trop bouger dans la salle. Dans la mémoire rôde la dernière image, une sublime photo de Taryn Simon représentant le corps de Farah, morte violée et brûlée.
     Juste avant, pour évoquer les "dommages colatéraux" du conflit, les photos de victimes civiles, hommes femmes et enfants, sur la musique du grand air du IIIème acte de Tosca de Puccini. "A jamais enfui mon rêve d'amour... L'heure s'achève... Je meurs désesépéré... Et jamais je n'ai tant aimé la vie".
     Juste avant, cette dernière image du retour : des histoires qui hantent, des cauchemars, du remord, cette manière de se haïr soi-même et de n'avoir pire ennemi que sa mémoire, pire ennemi que son reflet dans le miroir, et pourtant devoir sourir, parce que c'est fini, parce que c'est loin, parce que c'est passé, parce que les autres sont là, qui n'y sont pour rien, et qui ne peuvent rien comprendre.
     J'ai tout aimé dans ce film. Le point de vue unique, étriqué, qui nous enferme dans cette absence totale de recul par laquelle peuvent s'expliquer toutes les dérives, tous les abus, l'ignoble impunité de ceux qui ne comprennent ni où ils sont, ni ce qu'ils font, ni pour qui ni pour quoi. Ce point de vue par lequel - même si le film ne le dit pas explicitement - la guerre semble aussi le vide-ordure des indésirables, ces américains sans repères, la jeunesse inutile, la jeunesse nuisible, qu'on envoie là-bas à coup de recruteurs et de promesses, parce qu'ils sont mieux à pourrir Irak qu'à traîner sur le bon vieux sol de leur patrie.
     J'ai aimé ce documentaire français, Barrage, - lu par Julie Thiery - au images lentes et dorées, au discours distancé, à la musique - une trop fameuse Sarabande de Haendel déjà utilisée à l'envi par Stanley Kubrick dans son Barry Lindon - totalement décalée. Discours sans doute trop intellectualiste, laissant entendre qu'entre l'aveuglement de l'action et le détachement de la pensée, il y a la place qu'il faudrait trouver pour - véritablement - comprendre : car on ne peut comprendre ni quand on est plongée dans l'opacité des faits, ni quand on est protégé par la distance de la réflexion.
     Et c'est à ça que peut servir l'image (à condition qu'elle ne soit pas "redacted") : ni le fait lui-même (nous ne sommes pas vraiment à Samara), ni un dicours sur le fait (le film n'est pas un livre de philosophie de la guerre), les images sont malgré tout un peu des deux à la fois. Un peu du fait puisque, par le style "direct" et toujours motivé du camescope, des caméras de surveillance, des caméras cachées, de webcams, qui nous plongent au plus près de la réalité ; un peu du discours puisqu'une image n'est jamais neutre, jamais muette, et parce qu'elle est toujours due à un regard, elle est toujours intentionnelle et donc idéologique.
     Et que comprend-on ? On comprend que le droit à la guerre (avons-nous le droit de déclarer cette guerre ?) comme le droit dans la guerre (qu'avons-nous le droit de faire dans cette guerre ?) ont encore du chemin a faire. Car la guerre - qui est peut-être l'activité la plus naturelle de l'homme - est par conséquent la plus grande machine à impunité qu'on puisse imaginer. Elle repousse l'homme à une époque d'"avant la faute", c'est-à-dire d'avant toute responsabilité, et - contrairement à ce que l'on pourrait naïvement croire - d'avant tout honneur. Ultime regression qui laisse penser que tout reste toujours à recommencer.

par Pénélope Lemarchand publié dans : Mes Tops communauté : Vos critiques de cinéma
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