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Bienvenue sur mon petit blog ! |
TITRE : EDEN LAKE
REALISATEUR : James Watkins
ACTEURS : Kelly Reiley, Michael Fassbender...
DUREE : 1h30'
Partis en week-end au bord d'un lac qui sera bientôt défiguré par un complexe balnéaire, un coupe subit la violence de plus en plus démente de jeunes habitants le
villages voisin...
(ça va venir...)
TITRE : LAKEVIEW TERRACE
REALISATEUR : Neil LaBute
ACTEURS : Samuel L. Jackson, Kerry Washington...
DUREE : 1h51'
Dans une Californie de plus en plus prise par les incendie, un couple mixte (lui blanc, elle noire) s'installe dans une belle maison. Leur voisin est un policier
noir, proche de la retraite qui ne voit pas leur installation d'un très bon oeil...
Le point de départ de l'histoire est tellement simple et tellement efficace qu'il garantit presque que le film sera bon. Une sorte de Funny Games soft dans lequel le voisin empoisonneur et tête-à-claque a - et c'est presque pire - ses bonnes
raisons pour agir ainsi.
Les bonnes raisons ne sont pas simplement enfouies dans les rancoeurs et les déceptions de son passé, et de l'histoire personnelle de son couple, qu'on n'apprend que vers
la fin, et qui - pour terribles moralement et psychologuiquement qu'elles puissent être - n'expliquent pas tout.
Des bonnes raison à son acharnement à rendre à ses voisins la vie impossible, c'est aussi et surtout le contraste entre un homme qui approche de l'âge de la retraite, qui
sent que ses enfants commencent à lui échapper, qui se raccroche à ce qu'il croit sûr et imparable : des règles, une certaine ethique sociale, la rigueur (la scène du caleçon devant la
piscine est excellente).
En face de lui, un jeune couple qui lui semble aussi fragile que désinvolte, une sorte d'improvisation conjugale, gentils mais sans culture sociale, sans savoir-faire,
sans savoir-être, qui ont l'innocence coupable de ceux qui n'ont encore rien appris. C'est au moins comme ça qu'il se plait à les voir.
Or en même temps, il sent que l'avenir, le succès, le bonheur, la sympathie et chez eux, sont chez lui la poussière vieillote de vieux principes qui ne plaisent plus
à personne, alors qu'ils étaient censé garantir le bien-vivre-ensemble. Et tout le film montre une sorte d'acharnement sadique à faire subir au vieil Abel - peut-être plus encore
qu'à ses deux tourteraux de voisins - le pire cauchemar : souvenir de sa femme volage, pesanteur de son veuvage, agression de son espace vital surprotégé, bavures professionnelles pointées du
doigt par ses supérieurs, échec de sa tentative de saccage à cause d'un complice niais, etc. etc.
Finalement, Abel est autant la victime que le bourreau, une victime moins voyante, moins évidente que ses voisins, mais une victime peut-être plus profonde. Car
l'agression est toujours d'autant plus dure à gérer qu'elle est moins voyante.
Grâce à cela, le film est un vrai psycho thriller. L'équilibre réussi entre un "méchant" parfaitement construit et dignement interprété, et des "gentils" un peu falots rend leur affrontement assez jubilatoire. On aurait même bien aimé que la subtilité de la lutte soit encore plus machiavélique, mais en contrepartie, le film ne sombre jamais dans l'excès. Il reste ainsi toujours fondamentalement psychologique, et la belle métaphore du monde qui disparait dans les flammes, par une sorte d'ordalie apocalyptique, rend encore plus palpable cette ambiance de fin d'un monde.
TITRE : LA BELLE PERSONNE
REALISATEUR : Christophe Honoré
ACTEURS : Léa Seydoux, Louis Garrel...
DUREE : 1h30'
Dans un lycée de la Muette à Paris, une nouvelle élève découvre l'amour avec un lycéen honnête, et la passion avec un enseignant séducteur. Elle découvre aussi la
sincérité, la douleur, l'arrachement et la fragilité des sentiments...
"Jamais cour n'a eu tant de belles personnes", dit Madame de la Fayette dans sa Princesse de Clèves. Ici, par une translation habile au XXIème siècle, la cour
des princes devient cours de lycéens, mais les sentiments et les obstacles sont les mêmes.
De belles personnes, dans tous les sens du terme, ce film en déborde. Belles physiquement d'abord, non pas d'une beauté d'acteurs ou d'actrice, mais une beauté vivante et
vraie, jusque dans ceux qui - comme Nemours - jouent les acteurs.
Beauté morale aussi, et même dans l'entrelacs des fausses amours, des secrets et des mensonges. Car même si un personnage semble à lui seul porter ce qu'aimer devrait
vouloir dire - Otto, sorte d'ange renvoyant aux histoire d'avant la faute - tous son concernés, que ce soit dans la resistance, le scrupule, la prudence, le refus, ou - parfois - le dégoût de
soi-même.
Beauté du cadre aussi, fait de vieux murs et de couloirs usés, mais hanté malgré tout par le charme vieillot d'un hâvre de jeunesse et de savoir. Un lycée où l'on écoute
Maria Callas chanter Donizzeti, où l'on lit et relit "Le Vierge, le Vivace et le bel aujourd'hui" de Mallarmée, où l'italien, le russe et l'anglais résonnent comme une musique.
Beauté du drame, qu'il soit intérieur ou extérieur, ruminé ou hurlé, qu'il mène à la violence, à l'exil ou au suicide. Comme si d'ailleurs toute passion, tout sentiment
vraiment vécu, parce qu'il est forcément un arrachement de soi-même, une confontation à l'inaccessible, est une violence, un exil et un suicide.
Beauté de cette temporalité retenue, de cette sorte de langue posée dans l'écriture cinématographique, de ces longues période d'une langue très classique, qu'il fait si bon
d'entendre - enfin - dans le tumulte gras et vulgaire des autres cours de récréation. Et dans cette magnifique scène du refus, où les mots sont des poèmes, et la voix une musique, et la lucidité
devient tellement exemplaire qu'elle impose - quoi qu'on dise et quoi qu'on prétende - le silence.
TITRE : C'EST DUR D'ETRE AIME PAR DES CONS
REALISATEUR : Daniel Leconte
ACTEURS : Philippe Val, Cabu...
DUREE : 1h48'
Afin de garantir la liberté d'expression et de soutenir les journalistes danois impliqués dans une affaire de caricatures visant l'islamisme terroriste, "Charlie
hebdo" décide de reproduire ces dernières dans ses pages, accompagnées d'une Une de Cabu représentant Mahomet débordé par les intégristes et soupirant : "c'est dur d'être aimé par des
cons..."
On lit dans le Coran : "Ceux qui dirigent des pointes contre Allah et Son Prophète seront jetés face à terre comme l'ont été ceux qui furent
avant eux. Nous avons fait descendre de clairs aya. Aux infidèles un tourmant avilissant (LVIII, 5)" On comprend alors qu'il faut de l'audace et
du courage pour publier une caricature représentant Mahomet, dans un contexte tendu, où la violence, à la moindre occasion, prend le pas sur le dialogue.
C'est pourtant cette audace et ce courage qu'a eus l'ensemble de l'équipe de "Charlie Hebdo" face à l'affaire des caricatures danoises. Mais non pas une audace agressive,
moralisatrice et donneuse de leçon. Une audace qui passe par le rire et la dérision, par le bon sens, par la clairvoyance, car l'humour, l'ironie, la satire, la caricature,
l'esprit, sont avant tout des moyens de lucidité et de claivoyance.
C'est d'ailleurs la première chose qui étonne dans ce documentaire : à la fois les risques insensés pris en publiant ces images aujourd'hui, et la désinvolture
bon-enfant avec laquelle toute l'équipe se rend au procès pour, par cet exemple, défendre des valeurs républicaines comme la laïcité ou la liberté d'expression. On a donc deux mondes d'emblée qui
s'opposent : celui des cris, des invectives, de la réponse violente, de la menace, de la force, du crime, de la vexation, de l'orgueil d'un côté ; celui de la distance, de la désinvolture, de la
nonchalance, du rire, du dialogue, du raisonnement, de la défense pacifique de valeurs communes de l'autre.
Et cette "fine équipe" de trublions, drôles mais néanmoins intelligents, provocateurs mais néanmoins réfléchis, et surtout doués (la Une de Cabu - que l'on voit peu à peu
se faire - est quand même géniale...) devient vite authentiquement sympathique et prouve combien le rire est un outil de l'intelligence.
Si le début reste assez anecdotique, parfois quand même assez complaisant, la fin nous réserve de grands moments. Sans oublier quelques gags hilarant comme l'idée que les
accusateurs devraient surtout apprendre à dessiner pour nous faire des caricatures d'athées marrantes.
Autre moment savoureux entre tous, celui de la plaidoierie reconstituée de Richard Malka, au cours de laquelle, à la stupeur générale, il fait le "best of Charlie" des
pires attaques conduites par le journal contre le christianisme, pour savoir si c'est vraiment l'égalité de traitement que demande l'accusation musulmane. C'est génial, c'est drôle, c'est
efficace, et ça ridiculise les hypocrites.
Autre grand
moment, beaucoup plus sérieux, cette succession d'analyses pénétrantes (par des intellectuels musulmans) du "mal interne" que connaît un Islam trop souvent arrogant, aveugle à l'égard de ses
propres dérives, et incapable de faire le bon procès, celui des fidèles raisonnables, pieux et éclairés d'une religion qui a su être brillante, contre ceux qui - les islamistes - en sont la
véritable et dangeureuse caricature.
TITRE : THE FORBIDDEN KINGDOM
REALISATEUR : Rob Minkoff
ACTEURS : Jackie Chan, Jet li...
DUREE : 1h53'
Alors qu'il est en train de de faire frapper en pleine rue, un jeune
amateur de films de Kung-Fu se retrouve propulsé à l'époque où le Roi Singe avait été pétrifié par des gens méchants. Grâce au "bo" (un bâton) que lui a passé son marchand de DVD, et avec
l'aide d'un ivrogne et d'une jolie guerrière qui parle à la troisième personne du singulier, il va tenter de sauver le Roi Singe...
J'aime beaucoup les contes et les histoires mythologiques, j'aime bien le cinéma asiatique pour son côté esthétique et chorégraphique, donc j'aurais du aimer ce
Royaume interdit. Malheureusement, j'ai trouvé ça insupportable.
D'abord l'histoire est d'une effroyable banalité. Une quête de conte étirée inutilement, sans rien pour accrocher vraiment le spectateur, sans véritable péripétie, sans
rien qui récompense d'avoir attendu jusqu'à la fin pour voir se produire ce qu'on devine depuis le début.
Dans cette indigence, il ne reste alors que des acteurs caricaturaux au possible, un insupportable Jackie Chan alcolo qui minaude sans arrêt, et un Jet Li
particulièrement insignifiant. Leur combat est une vaste fumisterie, puisqu'il est totalement sans enjeux, étant donné que ce sont deux futurs amis : passé quelques galipettes invraisemblables,
tout tombe à l'eau et on se demande bien pourquoi ils se sont autant tabassés.
Même les deux filles, tellement télégraphiées et déjà vues, ne parviennent à mettre aucun piment dans cette fadaise. La douce luthiste kitschissime et la
méchante tout droit sortie des X-men sont tellement tout blanc / tout noir qu'elles ôtent tout suspens, tout mystère, toute jubilation à l'intrigue.
Mais surtout, il arrive un moment - très rapidement - où l'on sature des combats Kung-Fu. Toutes ces galipettes dans tous les sens avec les cris et les chutes
acrobatiques, ça finit par souler et devenir totalement ridicule. Pour ne pas parler des "poses animales" qui - si elles étaient savoureuses dans Kung-Fu Panda, ici sont vite
grotesques.
A cela s'ajoute cette philosophie cucul faite de bon sens et de jolie formules et qui
- à trop bon compte - passe pour de la sagesse orientale, des décors synthétiques, des paysages de catalogue touristiques, et un "tout est bien qui finit bien" qui nous rappelle au bout
du compte où on était : au guignol.
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